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Rédigé par 0 h 57 min Arts martiaux, Karaté

Karaté/Togo : Thierry Richard Ajavon, l’étoile du Shogun Karaté Club

Cette attirance n’était pourtant pas nouvelle. Enfant, il avait déjà été séduit par le karaté en observant les activités d’un club

Le sport peut parfois entrer dans une vie par une simple invitation et finir par en devenir le fil conducteur. Pour Ajavon Thierry Richard Zandor, le karaté est né d’une rencontre en classe de seconde avant de se transformer en une véritable vocation. Depuis le 10 octobre 2010, date de sa première séance, le Togolais a construit un parcours marqué par la discipline, la persévérance et la recherche constante de progression. Aujourd’hui ceinture noire 2e dan et membre du Shogun Karaté Club, il entend poursuivre sa progression, enrichir sa maîtrise technique et transmettre à son tour les valeurs acquises sur les tatamis.

À l’époque, il est en classe de seconde. Son ami Koffi Ferdinand, désormais dans une autre série scolaire, lui propose de venir découvrir son club. Ajavon Thierry accepte, sans savoir que cette séance allait devenir le point de départ d’une longue histoire avec les tatamis.

« J’étais là en tant qu’observateur. J’ai suivi du début jusqu’à la fin. Arrivé à la maison, j’ai réfléchi pour voir comment aménager mon programme pour y participer », se souvient-il.

Il rejoint ensuite le groupe. Après quelques absences dues aux contraintes scolaires, il comprend que la régularité est indispensable. Il reprend les entraînements avec davantage de sérieux et s’installe durablement dans la discipline.

 Une passion qui s’affirme

Le karaté lui apporte rapidement bien plus que des techniques de combat. Il y découvre la rigueur, l’ordre et la maîtrise de soi.

« Après avoir commencé, je me suis rendu compte que cela me forçait à être ordonné et discipliné », explique-t-il.

Cette attirance n’était pourtant pas nouvelle. Enfant, il avait déjà été séduit par le karaté en observant les activités d’un club dans son environnement. S’il s’est également intéressé au football et à d’autres sports, c’est finalement le karaté qui a retenu son attention et accompagné son évolution.

La compétition comme révélateur

Après plusieurs années d’apprentissage, Ajavon Thierry Richard découvre l’univers de la compétition. En 2015, il participe à son premier championnat. Engagé hors de sa catégorie, il garde surtout le souvenir d’une première apparition qui lui permet de faire connaître sa discipline autour de lui.

« Tout le monde m’avait reconnu dans le quartier, à la maison. C’était un plaisir pour moi de faire connaître un peu mon sport », raconte-t-il.

Son parcours prend une nouvelle dimension en 2024. Au championnat national, il décroche trois médailles: le bronze en senior Kumité moins de 84 kg, l’or en équipe Kata et l’argent en équipe Kumité.

Mais le haut niveau lui a aussi appris à composer avec les revers. Les défaites sont difficiles, reconnaît-il, surtout après une préparation intense. Pourtant, elles restent nécessaires à sa progression.

« On gagne et on perd aussi. Il faut l’accepter, revoir le travail qu’il faut, s’approprier de nouvelles méthodes et travailler davantage », estime-t-il.

Un parcours porté par l’encadrement

Dans son évolution, son entraîneur Senseï Modzinou Komi, 4e dan, joue un rôle majeur. Sa technique et son implication constituent pour le karatéka une source permanente d’inspiration.

« J’aime sa manière de travailler, surtout sa technique, qui m’inspire beaucoup. Il nous accompagne depuis la préparation jusqu’à la compétition», souligne-t-il.

Cet accompagnement nourrit une ambition qui dépasse les performances individuelles. Ajavon Thierry Richard veut maîtriser davantage son art, décrocher des titres nationaux et internationaux, mais aussi transmettre son expérience.

« Ma passion pour le karaté, c’est d’avoir une connaissance énorme, maîtriser son art, être en mesure de transmettre aux générations futures et surtout être un haut cadre pour le karaté national », affirme-t-il.

Discipline et transmission

Même avec ses obligations professionnelles, il maintient deux à trois séances d’entraînement par semaine. Pour lui, la performance repose d’abord sur l’organisation et la constance.

Soutenu par sa famille depuis ses débuts, il continue de construire son parcours avec la même exigence. Et aux jeunes qui souhaitent emprunter la même voie, il délivre un message simple: l’humilité doit précéder la performance.

« Il faut être humble. Il faut être à l’écoute et être obéissant à son maître, à son responsable », conseille-t-il.

De la séance découverte de 2010 à la ceinture noire 2e dan, Ajavon Thierry Richard a fait du karaté un fil conducteur de son parcours. Désormais, son ambition est claire : continuer à progresser, inscrire son nom parmi les références du karaté togolais et transmettre aux générations futures les valeurs apprises sur les tatamis.

Propos recueillis et retranscrit par E.V.

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