Bien que le football féminin soit encore à une étape embryonnaire, les joueuses, elles, sont de plus en plus sollicitées à l’étranger. Explications ! Aujourd’hui, le Togo peut se targuer d’avoir plusieurs joueuses évoluant à l’étranger quand bien même son championnat national est à la peine, et n’existe que de nom.
Un fort contingent d’expatriées

Afeafa Woedikou
La preuve, sur la liste des ambassadrices retenues pour affronter les 22 et 26 septembre 2023 Djibouti au premier tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) dames 2024 figurent plusieurs joueuses expatriées, notamment : Yawa Konou (Ausfaz- Maroc), Eya Akoko Assigno (TP Mazembe- RDC), Ami Reine Gake (TP Mazembe-RDC), Afi Rifela Dogli (Bourges Foot 18-France), Koudjoukalo Sama (Bourges Foot 18-FRANCE), Odette Gningtema (Fus-Maroc), Amiratou N’Djambara (Fus-Maroc), Afi Apeafa Woedikou (Nantes FC-France), Ikpindi Lucie Gantim (Entente Sportive des trois cités Poitiers-France)…
Le contingent des footballeuses togolaises à l’étranger s’est agrandi ces dernières années. Or, au même moment, la pratique du cuir rond par les dames au pays rencontre d’énormes difficultés : manque de financement, mauvaise organisation, irrégularité des compétitions, négligence des autorités sportives, préjugés sociétaux, entre autres.
Pourtant, il y a longtemps que le football féminin existe au Togo avec l’organisation du premier championnat national en mars 2017, devançant même certains pays sur le continent devenus aujourd’hui des modèles en la matière.
L’expatriation, la solution ?
Ici, les joueuses, tout comme leurs compatriotes masculins, sont prêtes à saisir toute occasion pour quitter le bercail afin de mieux vivre de leur passion ailleurs. « Les footballeuses togolaises s’exportent de plus en plus parce qu’il y a d’abord l’exode des joueurs qui a fini par s’installer dans le championnat masculin. Progressivement cet exode a gagné le football des dames également », souligne au micro d’Ahouevi Info Moudjib Falana, le Directeur de publication du bimensuel ‘’Mérite Sportif’’.
« On sait tous que le championnat n’est pas compétitif, d’autant plus qu’il est mal organisé. Ici le championnat se joue en poules. Cela rend moins compétitif dans une certaine mesure l’exercice. Ça, c’est une réalité. Mais c’est ici que certains viennent piocher. Le paradoxe est qu’on dit que le championnat n’est pas bien organisé mais on constate que les autres viennent chercher des joueuses ici, parce que les joueuses ont fini par comprendre que pour profiter des fruits de leur travail il est d’une nécessité absolue de s’exporter, de monnayer leurs talents ailleurs », complète le confrère thématique.
A cela, il faut ajouter la première participation à une compétition africaine tant en club qu’en équipe nationale.
La CAN Maroc 2022

Kaï Tomety, sélectionneuse nationale
Les Eperviers Dames y ont pris part pour la première fois de leur histoire. Elles sont reparties avec deux défaites et un match nul. Un « bilan passable », selon Kaï Tomety, patronne de la sélection féminine.
Pendant la dernière CAN, « notre jeu a largement progressé. La production des joueuses sur le terrain et la performance ont largement progressé au fil des matchs. Nous n’avons rien à regretter », estime-t-elle. Un parcours honorable qui a permis aux joueuses de taper dans l’œil des recruteurs, surtout des clubs marocains.
La figure marquante
Native de Lomé, Afi Apeafa Woedikou, l’une des meilleures joueuses de sa génération, semble baliser la voie à l’expatriation avec son transfert d’Athleta FC de Lomé à l’Entente Sportive des trois cités Poitiers (France). Passée ensuite par Strasbourg, Auxerre, la finaliste de la Coupe de France est aujourd’hui sociétaire du FC Nantes (Ligue 2).
La réussite plus ou moins de l’attaquante de 29 ans, considérée par certains comme la figure marquante du football féminin togolais, dans l’hexagone est une source de motivation supplémentaire pour plusieurs de ses jeunes cadettes qui rêvent de faire aussi bien qu’elle.
Reste maintenant à Kaï Tomety de trouver la bonne formule pour l’osmose entre les professionnelles et les locales afin de monter une sélection solide et compétitive capable d’arracher la qualification pour la CAN 2024. Une tâche qui s’annonce délicate.
Kossivi AMET.
