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Rédigé par 14 h 44 min MultiSport, Sport

Multisports/Journalisme : « La femme reporter sportive n’a pas un bon traitement. Elle est reléguée au 2nd plan », ELisabeh A. Goli

Nous voulons amener les gens à avoir un autre regard sur la femme reporter sportive parce que ce métier, nous savons et nous sommes convaincus, que la femme l’exerce très bien avec beaucoup de conscience professionnelle.

La femme reporter sportive n'a pas un bon traitement. Elle est reléguée au 2nd plan

Ce 7 Novembre démarre à Abidjan, le premier symposium international de l’UFRESA. Elisabeth Aya Goli, présidente de cette association s’est confiée à nous.

Ahouevi : Bonjour, qu’est-ce que l’UFRESA ?

E.A.G : L’UFRESA, l’Union des Femmes Reporters Sportives d’Afrique est née en marge de la CAN féminine qui s’est déroulée en 2004 à Warri au Nigéria.

Ahouevi : pourquoi donc avez-vous senti le besoin de créer cette association ?

La femme reporter sportive n'a pas un bon traitement. Elle est reléguée au 2nd plan

Elisabeth A. Goli avec sa consœur Ndeye Dome Thiouf lors du colloque de Lomé

E.A.G : nous nous sommes dits qu’il fallait quand même que les femmes se retrouvent autour de quelque chose où elles peuvent ensemble, partager leurs joies et peines, parce que c’est vrai que le métier de journaliste reporter sportif est passionnant.

Nous avons beaucoup de joie lorsque nous nous retrouvons pour la couverture des compétitions et autres, ça fait partie de nos joies, mais aussi les peines, parce que souvent nous avons des regards extérieurs, surtout des hommes, qui s’en prennent aux femmes. Il fallait vraiment que les femmes se retrouvent pour partager leurs difficultés et ensemble trouver une solution. Comment donner sa place à la femme reporter sportive en Afrique ? Surtout parce que partout, nous avons les mêmes problèmes et comme pour l’instant, nous ne pouvons pas résoudre les problèmes au-delà de l’Afrique, nous nous sommes dit qu’il fallait se limiter à notre continent et puis régler au moins nos problèmes à travers diverses activités.

Ahouevi : Votre premier symposium se tient ce 7 novembre à Abidjan et le thème c’est “Quelle place pour la femme dans le journalisme de sport en Afrique enjeux défis et perspectives » : pourquoi avoir choisi ce thème ?

E.A.G :  Nous avons choisi ce thème à la suite des constats de ce que nous avons remarqué dans nos différentes rédactions, que l’on soit en Afrique, en Amérique, partout ailleurs, la femme reporter sportive n’est pas bien vue. La femme reporter sportive n’a pas un bon traitement. Elle est reléguée au second plan. D’ailleurs, pour ceux qui fréquentent les rédactions ou pour ceux qui lisent les journaux où écoutent la radio ou regardent la télévision, verront que la plupart des reportages des sports, des disciplines dites mineures sont couvertes par les femmes.

Et les hommes, mais c’est le football le sport roi, alors c’est à la suite de tous ces constats, toutes ces frustrations que nous nous sommes dit qu’il faut un jour s’asseoir et réfléchir à la place qu’occupe et que doit occuper la femme reporter sportive dans ce métier, ce noble métier que fait très bien la femme.

Nous voulons amener les gens à avoir un autre regard sur la femme reporter sportive parce que ce métier, nous savons et nous sommes convaincus, que la femme l’exerce très bien avec beaucoup de conscience professionnelle.

Ahouevi : combien de participants et de pays attendez-vous pour ce colloque ?

E.A.G : Pour ce premier symposium qu’organise l’UFRESA, qui rappelons- le est une organisation panafricaine regroupant près de 30 pays actifs, nous attendons 100 participants de tous les pays membres de notre organisation, où vraiment les structures locales sont actives.

Ahouevi : Beaucoup de sommités du monde de la presse et du sport en Afrique sont attendus. A quelle fin ?

E.A.G. : Nous avons invité ces sommités, parce que ce sont des personnes, la plupart du monde du sport qui ont été de grands athlètes et qui ont eu l’occasion de côtoyer le milieu de la presse sportive, les journalistes sportives, reporters, sportifs que nous sommes. Ils connaissent plus ou moins nos besoins, nos difficultés, donc nous invitons ces personnes qui sont proches de nos réalités, pour pouvoir ensemble trouver une solution.

La femme reporter sportive n'a pas un bon traitement. Elle est reléguée au 2nd plan

Elisabeth A. Goli

Donc nous attendons que les gens aient un autre regard sur la femme reporter sportive. Que les gens sachent que la femme reporter sportive a les mêmes atouts, les mêmes qualités, les mêmes capacités que l’homme et mieux.

La femme fait toujours 2 fois plus que l’homme parce qu’elle doit prouver, la femme est responsable, une femme n’est jamais satisfaite si elle n’a pas atteint l’objectif, qu’on lui a assigné lors d’une mission.

Donc nous voulons vraiment amener l’opinion nationale et internationale à savoir que la femme reporter sportive est sur le même pied d’égalité que l’homme reporter sportif et qu’aucune discipline sportive ne doit être la chasse-gardée de l’homme, d’ailleurs, c’est la raison pour laquelle nous organisons cette compétition en marge de la 3e édition de la Champions League féminine qui se déroule en Côte d’Ivoire.

Ahouevi : Pensez-vous pouvoir mettre fin un à la marginalisation de la femme reporter sportive un jour et permettre une égalité de chance ? Et puis le harcèlement en tout genre demeure fléau dans le domaine du journalisme sportif et menace parfois les emplois des femmes.

E.A :  C’est notre souhait ! Mettre fin à tout cela, mais pour y arriver, nous invitons d’abord les jeunes femmes qui décident d’embrasser cette carrière à faire ce travail avec beaucoup d’amour, beaucoup de passion. Et, à se cultiver, à connaître vraiment les règles de ce métier. Il y a certes les règles du journalisme, mais il y a les règles, de chaque discipline sportive. Qu’elles soient excellentes parce que c’est à ce seul prix que nous pouvons vaincre tous ces stéréotypes.

Propos recueillis par Tony Dee et retranscrits par Pélagie Assagbavi

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