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Rédigé par 17 h 02 min Média, Technologie

Média/Togo : « L’IA ne supprimera pas le journalisme. C’est un appoint et non le principal ! » Dr Hans Masro

Entre espoirs et craintes, il explique pourquoi l’IA ne remplacera pas le journaliste, et pourquoi elle impose une adaptation urgente des professionnels.

Quelques jours après sa conférence inaugurale de l’année académique 2025-2026 à l’ESTAC, Dr Hans Masro, journaliste, enseignant à Dakar et communicant, a accordé une interview exclusive à Ahouevi Info.

Face à l’essor des nouveaux médias et de l’intelligence artificielle, il appelle les professionnels à s’adapter sans renoncer aux standards et à l’éthique qui forment le socle de la profession.

« L’IA est une avancée majeure, mais elle ne remplacera jamais l’humain : le journalisme repose sur des choses vues et entendues, des émotions que la machine ne peut transmettre », souligne-t-il.

Entre espoirs et craintes, il explique pourquoi l’IA ne remplacera pas le journaliste, et pourquoi elle impose une adaptation urgente des professionnels.

L’IA, un outil complémentaire et non un substitut

Pour Dr Masro, l’IA ne menace pas l’existence du journalisme. « Je n’irai pas jusqu’à dire que l’intelligence artificielle va supprimer le journalisme », précise-t-il. Il rappelle que le cœur du métier repose sur des qualités purement humaines : « La machine ne peut pas transmettre fidèlement les émotions, les sentiments», ajoute-t-il. Puis, reprenant cette citation de l’écrivain colombien Gabriel García Márquez qui insiste sur l’incapacité de la technologie à transcrire les émotions et autres silences : il souligne l’importance du travail de terrain et de l’analyse critique.

Il a pointé trois dangers relatifs à l’IA.

  • La paresse intellectuelle. En effet, si l’IA permet de « produire de l’information depuis son bureau », l’on doit se poser des questions sur la fiabilité de ces informations. Selon Dr Masro, « l’IA est un appoint, un élément qui vient nous aider à gagner du temps », explique-t-il.
  • Le sens critique: « L’intelligence artificielle ne doit pas nous empêcher de faire preuve de sens critique, de doute objectif », insiste-t-il.
  • L’adaptation : face à la révolution numérique, Dr Masro appelle les journalistes à s’adapter. « On ne peut plus travailler comme il y a 30 ans. Il faut remettre au goût du jour ses connaissances pour éviter de devenir obsolètes. Les agenciers se sont adaptés, il faut en faire autant », argue-t-il.

En ce qui concerne les avantages, il évoque :

  • La vérification des informations qui ne peut être faite que par l’humain dont l’intervention reste essentielle pour éviter les erreurs. Mieux encore pour éviter des dérives, des entorses éthiques et déontologiques, aux conséquences souvent lourdes, « L’Homme doit être la mesure de toutes choses… », martèle-t-i en convoquant le philosophe grec Protagoras.
  • L’utilisation de l’IA comme un outil d’appui, mais jamais comme un substitut à la réflexion et à l’observance de l’éthique journalistique. « Gagner du temps ne doit pas nous empêcher de faire passer les informations par le prisme de la raison et du questionnement », affirme-t-il.

L’avenir des médias traditionnels en Afrique : entre radio et multimédia

Dr Masro reste optimiste quant à l’avenir des médias traditionnels, notamment en Afrique et au Togo.

« Les médias traditionnels ont encore de beaux jours devant eux. La radio est le média de l’instant par excellence. Dans certaines localités qui ne bénéficient pas d’une forte pénétration d’Internet, la radio est encore très écoutée. Cependant, on ne peut plus être unijambiste, il faut évoluer vers le multimédia. Il faut s’adapter, sinon on disparaît », précise-t-il.

Un appel à l’éthique et à la responsabilité

Pour conclure, Dr Masro lance un appel aux journalistes : « Nous devons nous adapter à ces changements tout en gardant les éléments essentiels du journalisme pratiqués au niveau des médias traditionnels, à savoir :

  • Prendre le temps de vérifier,
  • Faire du fact checking, le recoupement des informations,
  • Produire de l’information de qualité ».

Il met en garde contre « le libertinage professionnel. Le journaliste travaille pour le bien de la communauté, et non pour le pouvoir de l’argent. Cette avancée technologique est une très bonne chose si on sait s’en servir » avant de finir par une citation de François Rabelais : « Science sans conscience n’est qu’une ruine de l’âme ».

Propos recueillis par Miss Darlix.

crédit photo : droits réservés.

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