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Rédigé par 13 h 22 min Football, Sport

Football / Togo : Les présidents de clubs à bout de souffle alertent !

Il a été toujours dit qu’au Togo, ce sont les présidents des clubs qui portent à eux seuls les dépenses du club. Selon les indiscrétions environs 50 millions sont investis sans retour sur investissement.

En effet, dans des championnats de football encore amateurs dans de nombreux pays d’Afrique, tout est à la charge du président du club, même s’il est formellement à la tête d’un bureau élu à l’issu d’un congrès. Primes et salaires des joueurs et de l’encadrement technique, entretien de l’équipe, sans oublier les supporters sont à la charge des présidents qui souvent se saignent et s’endettent pour faire face, parfois pour sauver la face. Mais, jusqu’à quand ?  Cette semaine au Togo, deux présidents de clubs, et pas des moindre, Ifodjé d’Atakpamé et Kotoko de Lavié ont jeté l’éponge.

Tout d’abord, le club de la ville aux 7 collines, n’a plus de président depuis le samedi 24 juillet. Michel Amétodji quitte la barque après 10 ans. Club de son cœur, le député de la localité a connu le purgatoire avec Ifodjé, (8 ans en deuxième division) avant une montée spectaculaire en D1 (saison 2019 – 2020). Au départ, dans l’élite les ambitions étaient noble, jouer les premiers rôles. Mais les réalités sur le terrain ont été toutes autres. Finalement, le maintien a été assuré, avec une honorable, 5ème place avec 16 points.

Pourtant, la saison à peine achevée, Ametodji démissionne avec l’ensemble son bureau, tout en déclarant « pour cette saison nous sommes heureux, le bilan est satisfaisant ». Mais, à son discours, et aux propos recueillis ici et là, c’est clair que l’homme souhaite véritablement se désengager de cette responsabilité qui devenait trop difficile à supporter et alerter « Je voudrais inviter les autorités locales à s’investir davantage pour le club de notre localité. Je crois que cela fait beaucoup défaut ces dernières années. La charge ne devrait pas reposée sur le seul président du club. Nous devons prendre l’exemple des autres localités qui sont déjà dans la dynamique ».

Ensuite, à quelques kilomètres de là, c’est John Agoulou Annanie qui laisse à la surprise générale orphelin Kotoko de Lavié, nouveau promu en division d’élite. Comble de malheur, il l’annonce à l’occasion des festivités marquant le retour du club en première division. « Au cours de ces années, j’ai vécu des moments de bonheur et aussi de tristesse. Mais aujourd’hui c’est avec une grande émotion que je vous annonce officiellement que je quitte Kotoko de Lavié à la fin de ce mois de juillet », a-t-il lâché.  Et de poursuivre : « C’est avec grand bonheur que j’ai servi le club ces trois dernières années (…) La performance, vous en êtes tous ici la preuve, a été une réalité vivante avec Kotoko. Nous nous sommes battus pour être là où nous sommes aujourd’hui ». Même s’il ne le laisse pas paraitre, sur la base de ce qu’il a pu vivre en D2, il ne se voit pas prêt à de nouveaux et plus grands sacrifices que ceux consentis jusqu’à présent.

Enfin, au-delà de ces départs soudain, alors que tout semblait aller pour le mieux, résultats sportifs à l’appui, la question de fond reste celle du financement des clubs de football, et du sport en général. Un club ne peut plus aujourd’hui dépendre d’un seul individu. Ailleurs, c’est un mixte des financements privés et privés avec des contrats et des feuilles de route claires… parfois les supporters sont sollicités pour des cotisations. L’heure est peut-être venue de revoir le système en place.

PatDogb.

 

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