Le monde du football togolais s’est réuni ce jeudi 6 novembre 2025 dans la grande salle du stade de Kégué pour rendre un dernier hommage à Nibombé Waké, ancien gardien international des Éperviers, décédé le 16 octobre des suites d’une longue maladie.
Organisée par la Fédération Togolaise de Football (FTF), la cérémonie, empreinte d’émotion, a rassemblé de nombreuses figures du sport national aux côtés de la famille du défunt.
Parmi les personnalités présentes figuraient le ministre délégué chargé de la Jeunesse et des Sports, Abdul Fadh Fofana, le président de la FTF, le colonel Guy Kossi Akpovy, des membres du Comité exécutif, d’anciens internationaux, des dirigeants sportifs ainsi que de nombreux passionnés venus saluer la mémoire de ce gardien emblématique.

Un parcours exemplaire
Formé dans plusieurs clubs togolais; Gbikinti, Entente II et Étoile Filante, Nibombé Waké s’est ensuite illustré au Ghana sous les couleurs d’Obuasi Ashanti Goldfields. Gardien talentueux et charismatique, il appartenait à la génération des années 1990, celle qui a hissé le Togo parmi les grandes nations du football africain.
Il a notamment participé à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 1998 au Burkina Faso et à la CAN 2000, coorganisée par le Ghana et le Nigeria. Son nom reste également associé à l’attentat de Cabinda, survenu en 2010, dont il fut l’une des victimes.
Joueur intègre et travailleur, Waké incarnait la rigueur, la loyauté et l’esprit d’équipe. « Il n’a jamais triché », confient ses anciens coéquipiers, unanimes sur son professionnalisme et sa droiture.
Soucieuse de valoriser ses anciens joueurs, la FTF avait déjà honoré Nibombé Waké de son vivant, lors de la finale de la Coupe du Togo 2024 au stade de Kégué, où il avait présenté le trophée sous les acclamations du public un moment symbolique désormais gravé dans les mémoires.

Lors de la cérémonie d’hommage, le colonel Agoro Medjessiribi, deuxième vice-président de la FTF, a réaffirmé l’engagement de l’institution à préserver la mémoire du défunt :
« Ton nom et ton héritage ne seront pas oubliés. Nos académies doivent raconter ton histoire. Nos jeunes gardiens doivent te connaître. Nos stades doivent se souvenir de toi. »
Aux côtés de la famille, plusieurs figures du football national étaient présentes : Amouzou Têtê, président de l’Association des anciens footballeurs, le sélectionneur national Nibombé Daré, l’ancien international Coubadja Kader, ainsi que de nombreux coéquipiers et amis de toujours.
Souvenirs partagés et émotion collective
Apedo Komlan Mawuena, instructeur CAF et ancien gardien des Éperviers, a proposé que le souvenir de Waké soit perpétué :
« Si le ministère ou la FTF pouvait ériger un monument en son honneur, ce serait une belle reconnaissance. Les souvenirs sont nombreux, notamment ce match au Liberia où il avait arrêté un ballon décisif. Qu’il repose en paix. »
Ému, Coubadja Kader a rappelé la dimension humaine de son ancien coéquipier :
« On sait ce qu’il a fait pour ce pays. Aujourd’hui, on n’a pas perdu qu’un joueur, on a perdu un homme. Ce n’est pas seulement le football togolais qui est en deuil, c’est tout le Togo. Il nous a encore donné une leçon de vie : les vivants ferment les yeux aux morts, mais les morts ouvrent les yeux aux vivants. »
Revenant sur leurs années communes, il a ajouté :
« Nous avons partagé des moments intenses, à l’Étoile Filante comme en sélection nationale. Je garde en mémoire nos souvenirs lors de la CAN 98 au Burkina Faso. »
Au-delà du joueur, c’est l’homme que le football togolais a salué. Par sa passion, Nibombé Waké a marqué plusieurs générations et continuera d’inspirer les jeunes gardiens togolais.
E.V.
