En terminant à la dixième place du Ballon d’Or féminin 2026, la Malawite Temwa Chawinga est devenue la première Africaine à intégrer le top 10 de cette distinction. Derrière cette reconnaissance historique, les difficultés rencontrées par plusieurs championnats nationaux rappellent que des efforts restent nécessaires pour permettre à davantage de footballeuses d’atteindre ce niveau.
L’Afrique compte plusieurs illustres devancières, de Perpetua Nkwocha à Asisat Oshoala, en passant par Barbra Banda. La dixième place de l’attaquante malawite, dévoilée lors du classement du 26 octobre 2026, marque néanmoins une étape inédite depuis la création du trophée en 2018.
Cette distinction récompense un parcours mené à l’international. Après des passages remarqués en Suède au Kvarnsvedens IK (55 buts en 57 matchs) et en Chine au Wuhan Jianghan University (84 buts en 84 apparitions de 2020 à 2023), Chawinga a rejoint le Kansas City Current en NWSL en 2024. Elle y a remporté le Soulier d’or et le titre de meilleure joueuse avec 20 buts, avant de réitérer en 2025 avec 15 réalisations. Son parcours, tout comme celui de la Zambienne Barbra Banda (18e du BO 2026 à Orlando Pride), illustre la compétitivité des joueuses africaines au plus haut niveau.
Un potentiel qui demande davantage de moyens
Si le football féminin africain s’appuie sur des cadres comme la Ligue des champions de la CAF et la formation de 267 entraîneuses entre 2024 et 2025 via les licences D, C et B, la pratique reste inégale. Les contraintes financières, le manque d’infrastructures et l’irrégularité des championnats freinent la progression des clubs. La régularité des compétitions demeure un enjeu central pour assurer le suivi des joueuses et leur visibilité internationale.
Le Togo face aux défis de la régularité
La situation togolaise illustre ces obstacles. Au 24 octobre 2026, la saison 2025-2026 de première division féminine n’avait pas encore débuté, alors que l’exercice précédent s’était achevé en février. Interrogée sur ce retard, Yvette Delali Klussey, responsable du département du football féminin à la Fédération togolaise de football (FTF), a évoqué la disponibilité des infrastructures partagées avec les championnats masculins, la mobilisation des arbitres, ainsi que les contraintes scolaires et d’effectifs des clubs.
Révéler les championnes qui attendent encore
La performance de Temwa Chawinga illustre la capacité de production du football africain. Pour que ces réussites individuelles trouvent un prolongement durable, le défi des fédérations réside dans la consolidation de leurs propres compétitions, afin d’offrir aux talents du continent les moyens de s’exprimer pleinement.
E.V
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