Le basketball togolais est en deuil. Christian Mozola Kouékou Essien, que tout le monde appelait affectueusement « Mozola » ou « Gazozo », a tiré sa révérence le 24 mai dernier à l’âge de 81 ans. Meneur de jeu de l’équipe nationale dans les années 1977, il laisse l’image d’un technicien pur, capable de renverser n’importe quelle défense.
Tout a commencé pour lui à l’Association des Basketteurs d’Amoutiévé (ASBA). C’est sur ce terrain en terre battue, avec des montants en bois de la paroisse Saint-Augustin que le jeune homme s’est forgé un destin, malgré un petit gabarit (environ 1m65).
Se confiant à nos micros, un de ses proches, Konrad DAGBOVIE se rappelle cette époque :
« Vu sa taille, il se devait d’avoir quelque chose de spécial pour s’imposer face à des joueurs beaucoup plus grands et costauds. Il a développé des aptitudes de fin dribbleur, de passeur et de shooteur longue distance. À l’époque, les trois points n’existaient pas, mais il marquait de très loin. »
Cette agilité fera les beaux jours de l’équipe d’Air Afrique quand il était encore fonctionnaire à l’ASECNA, puis de la sélection nationale aux côtés de figures comme Kuassivi Buadi, Placide Agbogbe et autres…
Konrad sourit encore en évoquant le cauchemar qu’il était pour ses adversaires :
« Pour défendre sur lui, il fallait savoir s’y prendre sous peine de ridicule. Il pouvait te faire mordre la poussière et te tourner en bourrique. Face au grand Marc Tchapango de l’équipe de Dyto, il a un jour fait une feinte de shoot et a dribblé entre les jambes de Marc pendant que celui-ci était encore en l’air ! »
À la fin de sa carrière de joueur, Mozola s’est naturellement tourné vers la transmission en devenant entraîneur de Lomé 4 puis des Aiglons, avant de s’éloigner des terrains.
Sur le terrain de Fréau Jardins, parfois éclairé la nuit à l’aide d’un groupe électrogène que Fo Aka offrait généreusement, il a joué, encadré et fait progresser des joueurs comme Ancien, Folly le Togo … des Aiglons.
En dehors du sport, l’homme était un travailleur jovial et un acteur clé de l’économie locale. Il avait créé une tontine très populaire qui l’amenait à parcourir tous les marchés, d’Amoutiévé jusqu’à la frontière.
« C’était quelqu’un de très sociable qui aimait taquiner les gens. Il s’énervait très peu, mais tenait fermement à ce qu’on le respecte », résume Konrad DAGBOVIE.
Les 12 et 13 juin 2026, la communauté sportive lui fera ses adieux à la paroisse Saint-Augustin d’Amoutiévé. Un dernier adieu chargé de sens là où tout a commencé pour lui. Le basket-ball togolais n’oubliera pas son parcours. Repose en paix, Mozola.
Adieu l’Artiste !!!
Miss Darlix.