Dans les rues animées de Lomé, un jeune garçon filait déjà plus vite que les ballons qu’il poursuivait. Aujourd’hui, ce même garçon, YOAGBATI Makman, né le 5 mai 1999, est devenu l’un des visages les plus prometteurs de l’athlétisme togolais. Spécialiste du demi-fond, il porte haut les couleurs du pays sur les 800 m et 1500 m, disciplines dans lesquelles il détient les records nationaux.
Des ruelles de Lomé aux pistes d’athlétisme
Tout commence avec un ballon et des rires d’enfants. Passionné de football, Makman découvre l’athlétisme à la suite d’une blessure.
« Mes frères jouaient au foot, ma sœur faisait de l’athlétisme. Une blessure m’a conduit au stade de Kégué, et c’est là que tout a commencé », confie-t-il.
Inspiré par Usain Bolt et les jeunes talents africains, il rejoint en 2017 le club Agaza de kégué.
« J’ai vu des gens de mon âge progresser. Cela m’a donné envie de les rejoindre et de me mesurer à eux », se souvient-il.
Le demi-fond, terrain d’excellence
Le 800 m et le 1500 m deviennent ses disciplines de prédilection. En 2018, il remporte son premier titre national sur 800 m. Depuis, il conserve les titres nationaux sur les deux distances. En 2022, il efface des records vieux de plusieurs décennies : 1’50’’66 sur 800 m (ancien record : 1’52’’01, datant de 1972) et 3’53’’78 sur 1500 m (ancien record 3’55’’28, établi en 1977).

YOAGBATI Makman (035), lors d’une compétition de la FTA
Une trajectoire internationale
Makman ne se limite pas aux frontières togolaises. Il participe aux Jeux de la Francophonie, aux championnats ouest-africains, aux Jeux africains et à des meetings internationaux à Djibouti, Tunis, Douala ou Accra. Il est notamment vice-champion au Meeting international de Djibouti 2023 avec un chrono de 1’51’’ sur 800 m.
Parmi ses plus grandes fiertés : son titre de champion ouest-africain sur 800 m avec un temps de 1’49’’24, et une médaille de bronze sur 1500 m en 3’51’’17, nouveau record togolais. Il a également été finaliste aux Jeux de la Francophonie et champion du Bénin.
Malgré ces succès, il estime que son travail mérite davantage de reconnaissance :
« Au Togo, je devrais être à un niveau stable, mais je sens que je n’ai pas encore reçu la reconnaissance que je mérite. »
Objectifs et vision
Makman prépare activement les Jeux de la Solidarité Islamique d’Arabie Saoudite et les championnats d’Afrique.
« Dès novembre, je veux bâtir mon projet, participer aux stages et meetings internationaux. La saison prochaine sera chargée », annonce-t-il.
Il croit en l’avenir de l’athlétisme togolais, tout en soulignant les défis :
« Comparé au reste du continent, nous avons du retard. Mais au niveau ouest-africain, nous restons compétitifs. Il faut du soutien, des sponsors et une vision claire. »
Message aux jeunes
À la jeunesse togolaise, il lance un appel :
« Le Togo regorge de talents. Rejoignez un club… donnez le meilleur de vous-mêmes… »
Makman YOAGBATI ne court pas seulement pour les médailles. Il court pour inspirer, pour prouver que le Togo peut briller sur la scène internationale, et que chaque rêve peut devenir exploit.
Propos recueillis et retranscrits par E.V.
