L’ONG Equipop a animé une formation à l’endroit de journalistes venus du Tchad, du Togo et du Bénin sur la prise en compte du genre dans le traitement de l’information ce mardi 18 novembre 2025 à Cotonou.
La session a été conduite par Maimouna Ndoye, Référente genre et approches féministes et Priscille Bansé, chargée de communication à Equipop.
La formation a abordé l’introduction au genre et le lien entre genre et médias, en invitant les journalistes à adopter des « lunettes genre » dans leur production de contenus, c’est-à-dire une approche qui permet de repérer les stéréotypes, les biais et les violences sexistes afin de traiter l’information de manière inclusive.
« Cela implique de connaître les concepts de base concernant le genre, qu’est-ce que le genre, qu’est-ce que les stéréotypes de genre, qu’est-ce que les violences sexuelles et sexistes, quels sont les biais », indique l’animatrice de la formation.
Ainsi, l’objectif est d’aider les journalistes à « traiter l’information de façon inclusive tout en tenant compte des spécificités de genre, des difficultés que les femmes rencontrent ».
Le rôle des médias dans la transformation des représentations a été central. « À travers leur contenu journalistique ils vont arriver à changer le regard de la société sur la femme. Les angles choisis… peuvent déconstruire tous les préjugés et les stéréotypes qui sont présents dans la société. », souligne pour sa part, Priscille Bansé.
La formation vise aussi à « empouvoir les femmes, les présenter d’une autre façon pour qu’elles soient plus mises en avant dans les espaces politiques ou médiatiques ». Interrogée sur la réception de l’assistance, Priscille Bansé constate des réactions mitigées.
« Je ne sais pas si je peux dire qu’ils étaient très réceptifs, il y avait beaucoup de sourires narquois, il y avait des remarques. » Elle ajoute que « le patriarcat a la peau dure et quand les hommes sentent que leur poste, leur privilège est menacé, ils se braquent systématiquement ».
Malgré cela, une progression est perceptible : « Même s’ils n’ont pas tout accepté ou tout capté, je pense qu’il y a au moins une ou deux informations qui sont passées et on va continuer encore et encore jusqu’à ce que ça puisse entrer dans les pratiques. »
Pour rappel, cette formation s’inscrit dans le cadre de la composante 3 du projet MediAOS de CFI à l’endroit des journalistes des média partenaires. Ces derniers profiteront de la Semaine du Numérique (SENUM) au Benin pour plancher sur la Rédaction éphémère.
Miss Darlix.
