À Milan et Cortina d’Ampezzo, les Jeux Olympiques d’hiver 2026 ont été officiellement lancés le vendredi 6 février. Bien que ce rendez-vous soit traditionnellement dominé par les nations occidentales, l’Afrique entend bien y prendre part, malgré un défi structurel de taille : l’absence quasi totale de neige et d’infrastructures hivernales sur le continent.
Cette réalité n’a pas freiné l’ambition des délégations africaines. Pour la première fois dans l’histoire de l’olympisme hivernal, huit pays du continent sont représentés. Entre treize et quinze athlètes défendront leurs couleurs du 6 au 22 février 2026. Plus qu’une simple quête de médailles, cette participation constitue un acte fort de visibilité et d’affirmation sportive.
Les athlètes africains s’aligneront en ski alpin, ski de fond, ski acrobatique et skeleton. Ils représentent l’Afrique du Sud, le Bénin, la Guinée-Bissau, le Kenya, l’Érythrée, le Nigeria, le Maroc et Madagascar. Une progression notable par rapport à 2022, où seuls cinq pays et six athlètes étaient présents.
L’Afrique du Sud, locomotive du continent
Avec cinq athlètes, l’Afrique du Sud aligne la plus importante délégation africaine. Ce contingent est composé de « primo-olympiens », symbolisant une nouvelle génération tournée vers l’avenir.
Parmi eux, Nicole Burger (31 ans) en skeleton et Matthew Smith (35 ans) en ski de fond porteront le drapeau sud-africain. En ski alpin, Thomas Weir et Lara Markthaler, engagés en slalom et slalom géant, incarnent cette relève ambitieuse aux parcours souvent forgés à l’international.
Le Bénin écrit son histoire
Le Bénin signe une première historique avec Nathan Tchibozo, 21 ans, engagé en ski alpin. Né en France et formé aux Deux-Alpes, il devient le tout premier Béninois à participer aux Jeux d’hiver, après la validation de son changement de résidence sportive par le CIO. Classé parmi les 500 meilleurs skieurs mondiaux, Tchibozo vise une performance solide en slalom et slalom géant.
Des pionniers et des retours confirmés
La Guinée-Bissau fait également ses débuts grâce à Winston Tang (19 ans). Le Nigeria, de son côté, mise sur l’expérience de Samuel Ikpefan, fondeur de 34 ans déjà présent à Pékin en 2022. Le Maroc, pour son retour, aligne Abderrahim Kemmissa (ski de fond) et Pietro Tranchina (ski alpin).
Kenya et Érythrée : entre expérience et transmission
Figure emblématique du ski africain, la Kényane Sabrina Simader, surnommée le « léopard des neiges », dispute ses deuxièmes Jeux. Elle incarne la persévérance sur le circuit mondial.
Pour l’Érythrée, Shannon Abeda participe à ses troisièmes et derniers Jeux Olympiques. À 29 ans, il s’apprête à refermer un chapitre marqué par la lutte pour l’inclusion dans une discipline où il s’est longtemps senti isolé.
Madagascar mise sur la stabilité
La délégation malgache compte sur Mathieu Gravier et Mialitiana Clerc, tous deux présents à Pékin en 2022. Gravier ambitionne un Top 50 en slalom géant, tandis que Clerc, à seulement 24 ans, dispute déjà ses troisièmes Jeux, confirmant son statut de pilier du ski malgache.
Pour l’Afrique, Milan-Cortina 2026 dépasse le cadre de la simple compétition. Ces Jeux sont une tribune permettant de démontrer que, même sans or blanc, le continent peut produire des athlètes résilients et compétitifs.
E.V.
Sources : France 24, TV5Monde, DW
