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Rédigé par 18 h 53 min Handball, Sport

Handball / Interview : « Je veux être une référence. Que les jeunes sachent que c’est possible, même … » Gautier Tsatsa

Gautier Tsatsa évolue depuis plus de dix ans dans les cages du club Élites HBC. Formé dans des conditions modestes à Gbatopé, il a su se faire une place dans le handball togolais, jusqu’à rejoindre la sélection nationale. Portrait d’un sportif qui veut marquer les esprits bien au-delà des filets.

Gautier Tsatsa évolue depuis plus de dix ans dans les cages du club Élites HBC. Formé dans des conditions modestes à Gbatopé, il a su se faire une place dans le handball togolais, jusqu’à rejoindre la sélection nationale. Portrait d’un sportif qui veut marquer les esprits bien au-delà des filets.

Des débuts modestes dans les rues de Gbatopé

Né le 9 avril 1997 à Gbatopé, Gautier découvre le handball presque par accident. « J’étais gardien… mais de foot ! Puis mes amis m’ont entraîné au hand, et j’ai accroché. » Dans un quartier sans infrastructure ni encadrement, l’envie supplée au manque : entraînements improvisés, cotisations entre copains (100 francs CFA par semaine), matchs auto-organisés… Une école de débrouillardise qui forgera sa ténacité.

Le tournant survient lorsqu’avec son club de l’époque, Olympique de Vô, il bat les frères de Hahotoé, figures locales redoutées. Un entraîneur de Lomé, séduit par ses prestations, lui ouvre alors les portes d’un club structuré : Élites HBC.

Gravir les échelons, une parade à la fois

À partir de la saison 2013-2014, Gautier intègre Élites HBC dans le championnat national. Très vite, il se distingue par sa constance dans les cages. Vice-champion en 2017-2018, il remporte le championnat national l’année suivante une consécration personnelle, mais aussi collective.

Son talent est reconnu au-delà des frontières : en 2016, il est retenu parmi les seize Togolais sélectionnés pour l’IHF Trophy, tournoi sous régional où le Togo termine finaliste face au Bénin. Il réitère l’expérience en 2018 à Niamey, consolidant sa place comme titulaire indiscutable. Chaque tournoi renforce son leadership, sa sérénité, et sa réputation de rempart infranchissable.

Souvenirs, défaites et loyauté

Mais le chemin n’a pas été qu’une série de victoires. Une finale perdue contre Liberté le hante encore.

« On a échoué à deux petits buts. C’était une équipe redoutable… », se souvient-il. Pourtant, pas question de partir ailleurs : Gautier reste fidèle à Élites HBC, un club qu’il considère comme une seconde famille. Pour lui, la cohésion vaut mieux que les couronnes.

Toujours assidu, il maintient une discipline de fer : entraînements réguliers, hygiène mentale, rigueur physique. « Si je suis nerveux, je perds mes repères. Je m’interdis donc les tensions inutiles durant la semaine », confie-t-il.

Un modèle pour la jeunesse, un espoir pour la discipline

Admirateur du gardien franco-ivoirien Daouda Karaboué, Gautier veut aujourd’hui devenir, à son tour, une source d’inspiration. « Je veux être une référence. Que les jeunes sachent que c’est possible, même en partant de rien. »

Il évoque avec fierté des amis qui ont réussi à décrocher des contrats en Europe grâce au handball. Pour lui, ce sport peut être un véritable levier d’émancipation sociale pour la jeunesse togolaise. Il appelle aussi à un soutien plus affirmé des autorités : investissement, médiatisation, professionnalisation.

Une voix pour ceux qu’on n’entend pas

Dans un geste plein de gratitude, Gautier remercie Ahouevi : « Ce média aide à mettre en lumière les athlètes oubliés, les talents cachés. C’est précieux pour notre sport. »

Son ambition ne se résume pas à empiler des trophées. Il veut laisser une empreinte. Être ce repère auquel une génération pourra s’accrocher. Une génération passionnée, souvent sacrifiée, mais toujours debout.

Propos recueillis et retranscrit par E.V.

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