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Rédigé par 19 h 13 min Football, Sport

Football / Togo : Mani Sapol, le baroud d’honneur avec l’Asck

Mani Sapol, arrête sa carrière à la fin de cette saison. Il l’a annoncé lui-même à ses coéquipiers au cours d’une  séance d’entrainement. Les raisons de cette sortie plutôt prématurée racontées en exclusivité à ahouevinfo.tg.

Ahouevi : Présentez-vous à nos lecteurs

Sapol : Je suis Mani Sapol, joueur de l’ASCK de Kara

Ahouevi : ça y est, c’est fini, vous arrêtez à la fin de la saison, n’est-ce pas prématuré ?

Sapol : Sincèrement je pense que c’est le moment d’arrêter. D’autres pensent que c’est trop tôt mais je me dis qu’à un moment donné il faut savoir arrêter. Le moment est donc venu pour moi d’arrêter. Je vais le faire en juin. Rien ne m’a motivé dans la prise de cette décision mais c’est le football. A un moment donné, quand bien même, tu es encore là, tu as encore les deux jambes pour jouer, il faut savoir arrêter. J’ai donc décidé d’arrêter et cela me fait mal. Si je pouvais continuer, j’allais le faire mais dans ma peau de joueur, je pense que je ne peux plus continuer, je ne peux plus aider qui que ce soit donc il faut arrêter et passer à autre chose.

Pour le public sportif togolais, je pense donner du plaisir. Il faut bien finir sur une bonne note. Et ma bonne note c’est que le public retrouve ce que je faisais de plus beau quand j’étais plus jeune (par exemple : marquer les coups francs, être décisif avec des passes). Donner encore ce plaisir au public. Est-ce que, ce sera une surprise ? Non parce que les gens m’ont vu faire plusieurs fois ces choses mais je pense leur faire revivre cela avant d’arrêter en juin. Je deviendrai alors supporter de chaque catégorie de l’équipe nationale (cadets, juniors, séniors) ; supporter de ces clubs qui vont représenter le Togo sur le plan continental. Je rejoindrai donc ce public sportif pour suivre ensemble, critiquer comme on a l’habitude de le faire.

Ahouevi : Vous avez eu un parcours non négligeable (en clubs et en équipe nationale). Que ressentez-vous après cette annonce ?

Sapol : Au moment de l’annonce à mes coéquipiers, je ne ressentais rien mais après quelques heures, quand je recevais les messages des uns et des autres, je me disais que je n’ai pas accompli mon devoir parce que les gens croyaient toujours en moi et que je laisse un chantier inachevé. C’est là où j’ai commencé à ressentir beaucoup d’émotion. Je me suis donc poser la question de savoir si j’avais encore quelque chose à donner. Mais je me suis repris car j’ai bien réfléchi et c’est la bonne décision. Je n’ai peut-être pas accompli mon devoir mais je trouverai un moyen pour combler le vide que j’ai laissé. Pourquoi pas ? Un jour mon fils pourra achever tout cela. Sincèrement il y a beaucoup de chose à faire mais j’ai décidé de mettre fin à ma carrière et c’est ainsi.

Ahouevi : Dites-nous quel est le meilleur souvenir que vous gardez de votre carrière ?

Sapol : Mon plus grand souvenir c’est ma première participation à la coupe du monde des jeunes (cadets).

Ahouevi : Quel est le mauvais souvenir de cette carrière ?

Sapol : Mon plus mauvais souvenir demeure Cabinda. C’était quelque chose d’horrible et je ne pense pas avoir un souvenir plus mauvais que cela. Un souvenir dont parleront toujours les togolais à chaque fois qu’il y aura football.

Ahouevi : La fin d’une carrière sportive n’est que le début d’une autre vie. Cette autre vie, c’est quoi pour vous ?

Sapol : Pour le moment, je viens d’annoncer que je quitte le terrain et je ne pense pas encore rester tout suite sur le terrain. Je dois prendre deux à trois ans pour m’éloigner des terrains et me reposer. Si je viens sur le terrain, ce sera peut-être pour suivre un match de l’équipe nationale. Enlever cette veste de joueur et la garder dans mon placard, bien m’amuser et après on verra de quoi sera fait demain. C’est vrai que beaucoup pense que je vais me reconvertir en coach et je ne sais pas pourquoi. Mais je n’ai même pas pensé au coaching. Sincèrement revenir tout suite sur les terrains après juin, je n’ai pas envisagé. Cela prendra beaucoup de temps. Depuis un certain temps j’ai commencé à réfléchir à mon après football. Le business je le fais chaque jour maintenant me voir entrepreneur ou directeur d’une société, pourquoi pas ? Personnellement je ne prends pas des décisions à la hâte alors lorsque j’en prends, je fais tout pour que ce soit la bonne. Je suis donc là pour le moment, je pense me reposer le temps qu’il faudra et après on verra ce que ça va donner.

Ahouevi : Votre mot de la fin

Sapol : Merci à tout le monde. Merci à ce public togolais qui m’a tant aidé, m’a tant poussé à faire mieux, à aller au-delà de mes limites. Je ne cesserai de vous dire merci. Aujourd’hui je deviens un supporter, un ami, un frère. Je deviens quelqu’un qui va être à côté de vous dans les tribunes, dans les stades où on va parler du football et ensemble on trouvera une solution pour la suite.

Propos recueillis par Agbo Love.

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