Trois semaines après la décision controversée de la Confédération Africaine de Football (CAF) concernant la finale de la CAN 2025, la visite de son président, Patrice Motsepe, à Dakar ce mercredi 8 avril 2026, n’a pas suffi à apaiser les esprits. Au contraire, ses déclarations ont relancé le débat sur l’identité du véritable champion d’Afrique.
Une position jugée contradictoire
Interrogé sur le statut du Sénégal initialement vainqueur sur le terrain face au Maroc avant une révision administrative, le dirigeant sud-africain a rappelé les faits marquants de la cérémonie de clôture :
« J’ai remis la médaille d’or à Sadio Mané et à Kalidou Koulibaly… J’ai remis le trophée à Kalidou Koulibaly. J’ai remis les 10 millions de dollars à Sadio Mané… Mais je dois respecter les lois et règlements en vigueur. »
Cette prise de parole intervient alors que l’instance a finalement attribué le titre au Maroc, déclarant le Sénégal forfait a posteriori. Cette posture est perçue comme une contradiction majeure par l’opinion sénégalaise, qui pointe l’écart entre les honneurs remis sur le podium et la sanction administrative qui a suivi.
Une affaire désormais entre les mains du TAS
Face à l’insistance de la presse, Patrice Motsepe s’est montré inflexible, refusant tout commentaire de fond sur le litige pour ne pas interférer avec la procédure juridique en cours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) :
« Il n’y a rien que je puisse dire de plus. Vous pouvez me poser la question 100 fois, la réponse sera la même. Nous avons l’obligation de respecter la procédure en cours devant le TAS. Nous appliquerons la décision qui sera rendue. »
Le recours introduit par la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) vise à obtenir la reconnaissance d’une victoire acquise sportivement. À ce jour, le calendrier de l’audience n’a pas encore été communiqué par la juridiction lausannoise.
Des promesses de réformes pour l’avenir
Durant son séjour, Patrice Motsepe a tenté de projeter la CAF vers une gestion plus transparente, admettant implicitement les failles du système actuel :
« Nous sommes conscients qu’il est arrivé que des décisions prises n’ont pas été de l’avis de tout le monde. Nous essayons d’initier des réformes qui nous permettront d’éviter à l’avenir tous ces genres de situation. »
Reçu en audience par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, le patron du football africain a conclu son passage par un appel au rassemblement :
« Les 54 pays membres de la CAF en sortiront plus unis et le football africain sera plus compétitif et respecté. »
E.V.
Sources : Entretiens presse / Présidence du Sénégal
