Le jeudi 26 mars 2026, la Direction Régionale de l’Éducation (DRE) de la Maritime a organisé une causerie-débat à Tsévié sur les enjeux de l’instruction féminine. Cette rencontre, tenue en marge de la Journée internationale des droits des femmes, visait à transformer les symboles en actions concrètes pour le maintien des filles à l’école.
Réunissant enseignants, chefs d’établissement, parents et autorités éducatives, l’événement s’est structuré autour d’une thématique forte : « Éducation de qualité pour toutes les filles, plus qu’un droit, une exigence pour tous ». Ce cadre de réflexion a permis d’analyser les obstacles majeurs qui freinent encore le parcours scolaire des jeunes filles dans la région.
Un bilan national encourageant malgré des disparités régionales
Le Togo affiche des avancées significatives en matière d’accès à l’enseignement. Au niveau national, le taux de scolarisation des filles au primaire a bondi de 87,4 % en 2010 à 98,5 % en 2024. Cependant, cette dynamique positive se heurte à une réalité plus complexe en région Maritime dès que l’on observe les taux d’achèvement.
Si 96 % des filles de la région entament le cycle primaire, elles ne sont plus que 70 % à le terminer. Le fossé se creuse davantage au collège, où le taux d’achèvement chute drastiquement à 45 %. L’enseignement technique reste le point noir de cette pyramide, avec seulement 6 % de filles représentées dans les filières industrielles.
Lever les freins socioculturels et économiques
Les participants ont identifié plusieurs facteurs expliquant cette déperdition scolaire précoce. Les grossesses en milieu scolaire, les contraintes financières des familles et le poids des traditions figurent parmi les causes principales. Le manque d’encadrement familial et certains comportements à risque chez les adolescentes aggravent également la situation.
Pour inverser la tendance, Aholou Kokou, directeur régional de l’éducation, a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective. Il a exhorté les parents et les enseignants à assumer pleinement leur rôle de modèles et de mentors. Selon lui, la réussite scolaire des filles dépend avant tout d’un engagement soutenu de chaque acteur de la communauté éducative.
Wan.
Source : ATOP
Crédit photo : D.R
