Autorisation de la HAAC No 0025/HAAC/12-2020/pl/P

Rédigé par • 9 h 19 min• Santé, Sport

Editorial /Santé mentale : et si l’on prenait enfin le mental des sportifs au sérieux ?

Le problème est bien réel : au-delà des constats, il est temps de réfléchir aux mesures concrètes pour préserver leur équilibre.Le mental

Dans le sport, les victoires et les médailles sont célébrées, tandis que les défaites suscitent des interrogations sur la technique, la condition physique ou la tactique. Pourtant, la santé mentale des athlètes mérite tout autant d’attention. Comment font-ils face à la pression ? Comment retrouvent-ils confiance après un échec ? Le problème est bien réel : au-delà des constats, il est temps de réfléchir aux mesures concrètes pour préserver leur équilibre.

Le mental pèse dans les moments décisifs. En tennis de table, un pongiste togolais a perdu une manche 12-10 après avoir mené 7-1 face à un Djiboutien. Sans écarter les facteurs techniques, cet exemple rappelle que la compétition ne se joue pas seulement dans les jambes. Au Togo, le maracana offre un autre enseignement : avant la Mara’Monde 2026 au Cameroun, le staff de la sélection nationale a intégré un psychologue, et l’équipe a décroché la médaille d’argent. Une initiative qui montre que le travail psychologique peut s’intégrer à la préparation d’une équipe.

Mais le mental touche aussi au bien-être. Derrière les exigences de résultats se trouvent des personnes confrontées à la peur de décevoir, aux critiques, aux blessures ou aux attentes du public. Anxiété, troubles du sommeil, perte de confiance ou baisse de motivation peuvent s’installer, menant parfois à l’abandon d’une carrière. Les parcours de Simone Biles, retirée d’épreuves aux JO de Tokyo 2021, et de Naomi Osaka, qui a quitté Roland-Garros pour anxiété, ont rendu ces difficultés visibles.

Dès lors, que faire ? La préparation psychologique doit commencer en amont, dès les catégories de jeunes, pour donner aux athlètes des outils face à la compétition. Les fédérations et les clubs ont également une responsabilité en facilitant l’accès à des psychologues, par des partenariats ou des services partagés, sans réserver cet accompagnement aux seules sélections nationales.

Les entraîneurs, pour leur part, doivent être mieux outillés pour reconnaître les signes de détresse et créer un environnement où demander de l’aide ne met pas en péril une carrière, tout en garantissant la confidentialité. Médias et supporters ont aussi un rôle : si la critique sportive fait progresser, le harcèlement et les jugements personnels accentuent une pression déjà lourde.

Au Togo, des réflexions existent, à l’image du forum international organisé à Lomé les 24 et 25 février 2025 sur la gestion du stress et la prévention des crises. Cette prise de conscience doit désormais se traduire par des actions concrètes et un état des lieux des besoins des clubs.

Le sport continuera de rechercher les records, mais la réussite ne peut se mesurer qu’au nombre de titres. Si nous voulons former des champions capables de durer, nous devons leur donner les moyens de préserver leur équilibre. Au Togo comme ailleurs, le véritable progrès sera de faire en sorte qu’aucun athlète ne soit obligé de cacher sa souffrance pour prouver qu’il mérite sa place.

E.V.

Image générée par IA

Visited 20 times, 1 visit(s) today
error: Content is protected !!