La deuxième édition des BOAD Development Days s’est achevée à Lomé ce vendredi 12 juin 2026. En clôturant les travaux, le président de la BOAD, Serge ÉKUE, a tracé les contours d’une feuille de route régionale pour le logement, enrichie par des experts et saluée par les participants.
« Le logement n’est pas simplement une question d’infrastructure. C’est le socle de la dignité humaine, le baromètre de notre justice sociale et le moteur de notre souveraineté économique. » C’est par ce plaidoyer fort que Serge ÉKUE, Président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), a clos deux jours de débats intenses dans la capitale togolaise.
Face au défi de l’urbanisation rapide de l’espace UEMOA, la stratégie de la BOAD est claire : il faut « chasser en meute ». Le patron de l’institution a appelé à une « alliance sacrée » entre le public, le privé et le multilatéral. Pour ce dernier, les banques de développement doivent prendre en charge la viabilisation des terrains afin de sécuriser les investisseurs, permettant aux promoteurs privés de bâtir des logements de qualité, durables et abordables.
Le logement énergétiquement souverain au cœur des débats
Cette transition vers un habitat souverain a été techniquement portée par l’architecte Issa Diabaté, l’un des conférenciers de l’événement. Lors de son intervention sur le logement énergétiquement souverain, il a pointé du doigt le chaînon manquant pour démocratiser l’habitat durable en ville, par opposition au monde rural qui utilise déjà des circuits courts : « … nos habitats ruraux et villageois sont complètement durables et produits localement et ceux urbains ne le sont pas encore. Donc, il y a quelque part un gap à combler entre les deux, mais ce n’est pas impossible. Ce qu’il manque, peut-être, c’est l’accompagnement de produits qui sont à l’échelle industrielle, de produits fabriqués localement. »
Les participants saluent l’urgence des solutions
Dans les rangs des participants, ce cadre institutionnel et ces propositions techniques ont résonné comme une urgence absolue. Pour le Dr Beaugrain Doumongue, Ingénieur civil et physicien du batimât et président de l’association construire pour demain, le succès de ces journées est d’avoir réuni tout l’écosystème face à la croissance urbaine régionale, qui a bondi de plus de 2 000 % entre 1950 et 2015.

Dr Beaugrain Doumongue, Ingénieur civil et physicien du batimât et président de l’association construire pour demain
« Avec les changements climatiques actuels, la qualité de vie et l’intégration énergétique ne relèvent plus du luxe, mais d’une nécessité opérationnelle », témoigne-t-il.
Autre voix parmi les participants, Mme Huberte Eudoxie Bessan, conseillère technique au ministère de l’Économie du Bénin qui a dressé un constat lucide : « Malgré des efforts étatiques louables, les logements restent bien au-dessus du pouvoir d’achat des populations ». Selon elle, les échanges ont eu le mérite de mettre chaque acteur face à ses responsabilités. Pour cette participante, la réponse passera par une double approche : bâtir de nouvelles villes et rénover l’existant en s’appuyant sur les solutions présentées par les experts.

Mme Huberte Eudoxie Bessan, conseillère technique au ministère de l’Économie du Bénin
Toutes ces réflexions seront consignées dans la Déclaration de Lomé, qui servira de boussole pour les réformes réglementaires à venir dans les États membres et pour le plan stratégique Djoliba de la BOAD.
Miss Darlix.
Crédit photo : BOAD