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Rédigé par 16 h 54 min cyclisme, Sport

Cyclisme / Interview : Du képi au casque, le parcours de Tchalem Fidel Nyouléleng

« On a commencé de zéro. Apprendre à fixer les cales, à prendre les virages, à comprendre le vélo de compétition… tout était nouveau », a-t-il expliqué.

Il est aujourd’hui l’une des fiertés du cyclisme togolais. Gendarme de formation, Tchalem Fidel Nyouléleng s’est imposé comme un coureur redouté du peloton national. Lors du 30ᵉ Tour cycliste international du Togo, il a confirmé son statut en décrochant deux maillots distinctifs : celui de meilleur grimpeur et celui de meilleur sprinteur intermédiaire. Un succès bâti sur un parcours inspirant.

Du képi au casque : l’appel qui a tout changé

Rien ne destinait ce gendarme à devenir l’un des meilleurs cyclistes du pays. En 2018, le destin frappe à sa porte lorsque la Fédération Togolaise de Cyclisme lance un appel aux corps habillés pour renforcer l’équipe nationale. Tchalem, alors en service, n’hésite pas un instant.

Volontaire, il passe les tests d’aptitude et découvre un sport exigeant et technique :

« On a commencé de zéro. Apprendre à fixer les cales, à prendre les virages, à comprendre le vélo de compétition… tout était nouveau », a-t-il expliqué.

Cette humilité n’affecte en rien sa détermination. Depuis l’enfance, il parcourt des kilomètres à vélo pour aller à l’école ou au champ, un entraînement quotidien qu’il transforme en véritable atout.

Des débuts fulgurants

En seulement six mois de formation, Tchalem est prêt pour sa première grande épreuve : le Tour du Togo 2018. Un baptême de feu qui lui laisse des souvenirs mémorables.

« Rouler avec le peloton, côtoyer des étrangers, me battre dans les manettes… c’était inoubliable », se souvient-il.

2025 : l’année de la confirmation

Sept ans plus tard, il s’affirme comme l’un des piliers de l’équipe nationale. Lors du 30ᵉ Tour cycliste du Togo, il décroche deux maillots prestigieux, meilleur grimpeur et meilleur sprinteur intermédiaire, tout en terminant premier Togolais au classement général (19ᵉ). Une performance loin d’être un hasard.

« Après mes entraînements, j’ai participé au Tour du Bénin, puis j’ai repris le travail au campement. Ce travail a payé », assure-t-il.

Les deux maillots distinctifs de Tchalem lors du tour cycliste du Togo

Les deux maillots distinctifs de Tchalem lors du tour cycliste du Togo

Mango-Kara : l’étape révélatrice

Parmi ses exploits marquants, l’étape entre Mango et Kara reste un symbole de sa combativité.

« Je suis parti en échappée avec un Ivoirien. On a tenu plus de 110 km avec quatre minutes d’avance sur le peloton. À cinq kilomètres de l’arrivée, on s’est fait reprendre, mais j’ai fini 6ᵉ. Une grande satisfaction personnelle »

Le Tour ne s’est pas déroulé sans difficultés. Dès la première étape, il affronte des conditions éprouvantes, entre chaleur accablante et ennuis mécaniques :

« Il fallait finir dans les délais malgré tout. C’était l’une des étapes les plus difficiles que je n’ai jamais vécues », confie-t-il.

Une ambition assumée pour le Togo

Au-delà des maillots distinctifs, Tchalem vise un objectif clair : offrir au public togolais une victoire d’étape, attendue depuis trop longtemps. Mais la réalité des courses l’a obligé à s’adapter :

« L’objectif était de gagner une étape. Le Togo attend cette victoire depuis trop longtemps. Mais avec les soucis mécaniques et les chutes, j’ai dû revoir ma stratégie et viser les maillots distinctifs »

Cap sur de nouveaux horizons

Bien décidé à capitaliser sur son expérience, il prépare déjà ses prochaines échéances : le Tour de Côte d’Ivoire, le Tour du Burkina Faso et le championnat national. Son rêve est clair :

« La victoire d’étape, puis viser le maillot jaune », ambitionne-t-il.

Tchalem peut compter sur le soutien de son club, Modèle, et sur l’expertise de son entraîneur.

« Mon club nous donne les moyens pour les entraînements. Et avec mon coach, Oumar, un ancien champion, je continue de progresser »

Ses progrès réguliers nourrissent de grandes ambitions.

« Nous devons y croire. Avec le travail, tout est possible »

Après une 10ᵉ place sur une grande épreuve continentale en 2024, il croit plus que jamais qu’un Togolais peut décrocher un podium africain.

Au-delà de ses objectifs personnels, Tchalem veut inspirer les jeunes Togolais à se lancer dans cette discipline.

« Le cyclisme te forge physiquement, mentalement et sportivement. Il suffit de se rapprocher de la Fédération ou d’un club, de commencer l’entraînement. Le reste suivra », encourage-t-il.

Enfin, il n’oublie pas ceux qui ont rendu ces succès possibles :

« Lors du Tour du Togo, la population nous a arrosés, nous a encouragés comme jamais. C’était une première. Les médias aussi ont joué leur rôle, leur couverture a été exemplaire », souligne-t-il.

Tchalem Fidel Nyouléleng n’est pas seulement un coureur talentueux. Il incarne une génération qui croit au travail et à la persévérance pour briller sur la scène continentale et internationale.

Propos recueillis et retranscrits par E.V.

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