Après un premier épisode salué par le public, le conteur togolais AMEDEGNATO Gbênadé alias Atavi-G a repris la parole ce samedi 2 Août 2025 à l’espace Open The Box d’Agbalépédo pour livrer le deuxième chapitre de sa série de contes La Voie des Anciens.
Intitulé « Amlima Zévi, la marmite miraculeuse », ce nouveau spectacle a rassemblé à nouveau les amateurs de contes, de sagesse populaire et de traditions orales.
Une scène vivante, une parole enracinée
Avec une marmite à la main, des gestes expressifs et un langage alternant entre français, éwé et mina, Atavi-G fait bien plus que raconter : il incarne ses histoires. Sa mise en scène immersive (danses, voix et mimiques) recrée l’ambiance du conte traditionnel, où le public interagit, devine la suite, et se laisse emporter comme devant une série télévisée vivante.

Amlima zévi
Les personnages, araignée rusée, coq vaniteux, chien loyal, chat malin, marmite…. sont des figures symboliques. Derrière leurs aventures, se cachent des enseignements sur la solidarité, l’humilité, le respect ou encore l’introspection. Chaque conte agit comme un miroir tendu à la société, entre rire et prise de conscience.
Mais au-delà de l’art de raconter, AMEDEGNATO Gbênadé alias Atavi-G se dit veilleur moral. « Amlima Zevi » n’est pas qu’un spectacle, c’est un cri contre l’individualisme grandissant et la glorification d’une excellence déshumanisée.
« J’ai profité pour parler de la dégénérescence morale où maintenant la cupidité, l’égoïsme sont les principes fondamentaux de l’excellence, l’orgueil exacerbé, alors qu’en tant qu’Africain nous avons beaucoup à donner à l’humanité sur le plan de l’éthique. Mais malheureusement il n’y a plus cette solidarité légendaire africaine dont on parlait. Maintenant on devient égocentrique. Alors moi je profite de l’occasion, du truchement de conte, pour sonner l’alarme. Je suis foncièrement anti-concept excellence. Cultivons plutôt la performance, parce que dans la performance il y a un relent de solidarité. », a expliqué Atavi-G.

vue partielle du public
Le public, attentif et réceptif du début jusqu’à la fin, a salué un spectacle pédagogique et profondément humain. Pour Yannick Akogo, architecte :
« le spectacle était très bien. On apprend à travers les histoires. À la fin de chaque conte, il y a une leçon à tirer ».
Même écho chez Alphéenoménal, humoriste présent dans la salle :
« Je trouve qu’il y a quelque chose de très commun. Le commun, ça va être beaucoup plus au niveau de quand tu racontes des histoires, parce que chez nous, c’est vrai que le but c’est de faire rire. Mais ici, le but c’est d’avoir derrière ces contes une morale dans l’histoire…Je m’en inspire. » a-t-il confié.
Prochain acte : « Le Linge Sale »
Atavi-G donne rendez-vous le 6 septembre prochain pour la suite de la série. Le spectacle portera un nouveau titre évocateur : Le Linge Sale. Fidèle à sa démarche, le conteur promet un moment à la fois ludique et conscientisant, ancré dans les réalités africaines.
WAN.
