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Rédigé par • 6 h 42 min• Basketball, Sport

Basketball / Togo : Séraphin Têvi Lawson, l’éternel « Trainer » de la balle orange

Sous la conduite tactique de « Trainer », le basketball togolais va vivre ses plus belles heures sur la scène continentale dans les années 70 et 80.

29 septembre 2014 – 29 septembre 2026. Douze ans se sont écoulés depuis le rappel à Dieu de Séraphin Têvi Lawson, figure emblématique et monument incontesté du basketball togolais. Connue de tous sous le surnom affectueux de « Trainer », cette légende aura consacré chaque instant de son existence à sa passion, laissant un héritage technique et humain gravé à jamais dans la mémoire collective.

Du joueur d’élite au technicien passionné

L’histoire de Séraphin Lawson avec le basket-ball débute en 1953, sous les encouragements d’Emmanuel Gnassounou. Sur le terrain, l’homme ne jurera que par une seule couleur : le blanc et bleu de l’Étoile Filante de Lomé. Meneur visionnaire, doué d’une remarquable lecture du jeu, il défend ce maillot pendant treize ans, accumulant les titres de champion du Togo et remportant plusieurs Coupes de l’Indépendance.


Très tôt, il fait la transition vers le coaching en tant qu’entraîneur-joueur. Soucieux de se perfectionner, il enchaîne les formations de haut niveau : de l’INSEP à Paris à la FIBA, en passant par des stages aux États-Unis, en Centrafrique, au Sénégal ou en Belgique. Sa rigueur et sa polyvalence se reflètent aussi dans sa vie professionnelle, où il aura été employé à la CTMB, enseignant, agent au Chemin de Fer du Togo (CFT), avant de conclure sa carrière d’État comme Conseiller Sportif au Ministère des Sports.

L’âge d’or de la sélection nationale

Sous la conduite tactique de « Trainer », le basketball togolais va vivre ses plus belles heures sur la scène continentale dans les années 70 et 80.

– En 1972 à Lagos, l’équipe nationale masculine décroche la Coupe Yacoubou Gowon face à de grands noms du continent.
– En 1974 à Bangui, la sélection masculine atteint la 5e place de la Coupe d’Afrique des Nations, avec en prime le titre de meilleur marqueur pour son joueur Pascal Amouzou.
– En 1977 à Dakar, il mène la sélection féminine sur la troisième marche du podium continental, offrant au Togo une médaille de bronze historique derrière les géants égyptien et sénégalais.


En reconnaissance de ce parcours exceptionnel, la FIBA-Afrique l’a d’ailleurs distingué en 2011 parmi les célébrités du Cinquantenaire.

Transmettre jusqu’au dernier souffle

Pour Séraphin Lawson, la retraite professionnelle n’a jamais signifié la fin de l’engagement. Formateur généreux, il a encadré gratuitement des générations de jeunes dès 1972 sur le parquet du stade municipal, puis à Agbahonou au sein du Centre de Formation Traîner (CFT). De nombreux talents internationaux et figures du basket national y ont appris les fondamentaux du jeu sous son œil bienveillant et exigeant.


Fondateur du club « Retrouvailles Basketball Club » pour réunir les anciennes gloires et soutenir l’Amicale des Anciennes Basketteuses du Togo (AABATO), il était présent sur les terrains jusqu’à ses derniers instants. Pris d’un malaise le samedi 20 septembre 2014 au milieu des siens sur le terrain de la Modèle, il s’est éteint quelques jours plus tard, le 29 septembre 2014, au CHU Sylvanus Olympio.

Un héritage bien vivant

Aujourd’hui encore, la mémoire du technicien continue d’inspirer la jeunesse. Début septembre 2026 s’est tenue la 9ᵉ édition du tournoi «Lawson Séraphin et nos illustres disparus », un rendez-vous annuel organisé à l’approche de la rentrée scolaire pour perpétuer sa vision et rassembler les centres de formation.

Douze ans après son départ, l’hommage reste intact pour celui qui, selon les mots de ses proches et de ses anciens coéquipiers, «mangeait, buvait et rêvait basketball ». Une véritable Étoile Filante qui continue de guider le basket togolais.

Miss Darlix.

Credit photo : Clément Gadegbeku

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