L’année 2025 a une nouvelle fois confirmé une réalité bien connue dans le monde de l’athlétisme : les marathoniens venus d’Afrique de l’Est, principalement du Kenya et de l’Éthiopie, continuent de dominer les grandes courses internationales. Que ce soit à Londres, Paris, Rotterdam ou Dubaï, leurs performances impressionnent, leurs records tombent, et leurs adversaires sont souvent laissés loin derrière.
Records et victoires en série
À Londres, lors du marathon féminin, l’Éthiopienne Tigist Assefa a établi un nouveau record du monde avec un temps de 2h15’50”. Du côté des hommes, le Kényan Sébastian Sawe a pris le contrôle de la course dès les premiers kilomètres, remportant la victoire en 2h02’20”, devant des concurrents tels que l’Ougandais Jacob Kiplimo.
À Paris, le Kényan Benard Biwott a fait forte impression en franchissant la ligne d’arrivée en 2h05’25”. La course féminine a été dominée par l’Éthiopienne Bedatu Hirpa, déjà victorieuse à Dubaï plus tôt dans l’année, qui a décroché une nouvelle médaille d’or en 2h20’45”.
À Rotterdam, le vétéran Kényan Geoffrey Kamworor a rappelé qu’il restait une valeur sûre du marathon mondial, avec un temps de 2h04’33”. Sa compatriote Jackline Cherono a également brillé en remportant la course féminine.
Les secrets de cette domination
Mais quels sont les secrets derrière cette domination écrasante de l’Afrique de l’Est ? Plusieurs facteurs entrent en jeu, à la fois physiologiques, culturels et sociaux.
Tout d’abord, l’entraînement en altitude, généralement entre 2 000 et 2 500 mètres, joue un rôle fondamental. Ensuite, le mode de vie rural dans de nombreuses régions du Kenya et de l’Éthiopie favorise une activité physique quotidienne dès le plus jeune âge. Pour beaucoup d’enfants, aller à l’école implique parfois de courir plusieurs kilomètres matin et soir, développant ainsi une endurance exceptionnelle au fil des années.
La morphologie des coureurs est également un atout : jambes longues, corps léger, caractéristiques idéales pour le marathon. À cela s’ajoutent des centres d’entraînement de renommée mondiale, tels que ceux d’Iten, d’Eldoret ou de Bekoji.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Éthiopie compte 58 médailles olympiques, presque toutes sur les épreuves de fond, tandis que le Kenya en totalise 113 en 14 participations, dont 97 en fond et demi-fond.
Courir est perçu comme une véritable voie vers la réussite sociale, incarnée par des légendes telles qu’Eliud Kipchoge, Gebrselassie ou Tirunesh Dibaba.
Inspirés par ces modèles, des milliers de jeunes rêvent, eux aussi, de briller sur la scène mondiale.
Tant que cette alchimie perdure, l’Afrique de l’Est continuera de régner en maître sur le marathon mondial.
E.V
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