Alors qu’elle s’apprêtait à prendre l’avion avec son équipe pour New York le 7 août dernier, Aminata Seck a vu sa vie basculer à l’aéroport de Louisville. Depuis plus d’un mois, cette joueuse de basket-ball de 26 ans de l’université d’État du Kentucky (KSU) est retenue par les services américains de l’immigration (ICE). Son tort ? Un simple visa étudiant arrivé à expiration.
Originaire du Sénégal, cette étudiante-athlète modèle brille pourtant sur le terrain comme sur les bancs de la faculté. Distinction académique en main, titulaire lors de 20 matchs la saison dernière, elle incarnait la réussite sportive et scolaire. Son dossier s’inscrit toutefois dans un contexte de durcissement des règles migratoires sous le second mandat de Donald Trump, durant lequel le département d’État a révoqué plus de 8 000 visas étudiants.
Pour son avocate, Sadiqa Reynolds, la situation est aberrante.
« C’est une simple question de paperasse. Elle n’a enfreint aucune loi, elle n’a rien fait de mal. Ce n’est pas une criminelle », rappelle-t-elle, soulignant la complexité du système d’immigration américain.
Au-delà du motif d’interpellation, c’est l’opacité et les conditions de détention qui inquiètent ses proches. Depuis son arrestation, aucun ami, membre de sa famille ou entraîneur n’a pu la voir. Plus grave encore, l’athlète souffre d’une blessure au ligament croisé antérieur et peine à obtenir des soins élémentaires, comme de la glace pour son genou. Déplacée au moins quatre fois entre plusieurs comtés du Kentucky et un centre à Chicago, Aminata Seck subit des transferts incessants.
« Vous imaginez ce que c’est que de mesurer 1,93 m, d’être blessée et d’être transférée dans quatre comtés différents en deux jours à bord d’un véhicule ? Le seul médicament qu’elle a reçu est de l’ibuprofène. Je sais qu’elle a souffert le martyre. C’est une période horrible. » dénonce Sadiqa Reynolds.
Le 21 septembre, l’avocate s’est rendue au centre de détention du comté de Grayson pour la rencontrer. Sur place, le personnel lui a simplement indiqué que la joueuse recevait des soins ailleurs, sans fournir de détails :
« Ils n’ont pas pu me dire à quelle heure elle était partie, ils ont refusé de me dire où elle se trouvait et ne savaient pas quand elle reviendrait. »
L’ICE n’a pas répondu aux demandes de commentaires, et le nom de la jeune femme reste introuvable sur leur registre en ligne. Face au silence des autorités et de l’université, l’avocate lance un appel aux instances sportives :
« J’espère que la NCAA et d’autres institutions vont intervenir pour s’assurer que les étudiants-athlètes sont protégés. »
Miss Darlix.
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