Autorisation de la HAAC No 0025/HAAC/12-2020/pl/P

Rédigé par 12 h 59 min cyclisme

Cyclisme/Tour du Togo 2026 : Le coup de frein qui fragilise nos ambitions internationales

La suite de ce Tour 2026 devra être irréprochable pour effacer ce premier faux pas.

La ligne de Départ à Kanté

Le peloton devait s’élancer de Kanté mardi 19 mai pour ouvrir la 31e édition du Tour cycliste international du Togo. À la place, c’est une douche froide qui s’est abattue sur la compétition : l’annulation pure et simple de la première étape pour des raisons de sécurité.

Si préserver l’intégrité physique des coureurs reste un impératif indiscutable, cet incident jette une ombre lourde sur la crédibilité organisationnelle de l’événement et porte un coup d’arrêt brutal aux ambitions internationales du cyclisme togolais.

L’incident de trop pour l’intégration à l’UCI

La suite de ce Tour 2026 devra être irréprochable pour effacer ce premier faux pas.

Kévin Tanoe, Commissaire du tour.

La gravité de cette annulation réside principalement dans son timing. Cette année, le Tour du Togo accueillait la visite d’évaluation de Laurent Bezault, envoyé de l’Union Cycliste Internationale (UCI). L’objectif affiché était clair : prouver la maturité logistique du pays afin d’intégrer le calendrier officiel de l’UCI.

En échouant dès le premier jour sur le curseur le plus critique, la sécurité, l’organisation togolaise envoie le pire signal possible. Les conséquences auprès de l’instance faîtière risquent d’être particulièrement lourdes :

  • Rapport d’évaluation négatif : La sécurité (barriérage, neutralisation des voies, escortes) étant la priorité absolue de l’UCI, une annulation précoce pèsera lourdement dans le rapport de l’expert.
  • Report du statut international : L’intégration au calendrier UCI, qui devait attirer des équipes continentales professionnelles et générer des points précieux pour nos coureurs, pourrait être gelée pour plusieurs années.
  • Perte de confiance des équipes invitées : Déplacer des délégations étrangères sur des routes jugées impraticables ou mal sécurisées nuit durablement à l’attractivité de l’événement.

Une défaillance qui rappelle de mauvais souvenirs

L’annulation d’une étape pour des raisons d’organisation ou de sécurité n’est malheureusement pas une première, mais elle place systématiquement l’événement sous surveillance étroite.

En Afrique : le précédent de l’annulation totale

Si des réajustements de parcours arrivent fréquemment (comme au Tour du Rwanda ou à la Tropicale Amissa Bongo pour des routes dégradées), l’Afrique a déjà connu des cas extrêmes. En 2017, le Tour de Côte d’Ivoire (pourtant inscrit à l’UCI Africa Tour) avait dû annuler la 2ème étape (Katiola-Bouaké) en raison de fortes pluies et de chutes ayant même entrainé la blessure grave d’un coureur marocain. Cela

La suite de ce Tour 2026 devra être irréprochable pour effacer ce premier faux pas.

Heylen Wannes, vainqueur étape 1

avait durablement terni son image auprès de l’instance internationale.

En Europe : Tour d’Espagne 2023

Même le très haut niveau n’est pas épargné. Lors de la Vuelta 2023, la première étape (un contre-la-montre par équipes à Barcelone) s’est courue sous une forte pluie et avec une luminosité très insuffisante provoquant des critiques et plusieurs chutes. La colère noire des coureurs et des équipes avait forcé l’UCI à durcir ses protocoles de sécurité. En Europe, cependant, la puissance financière des organisateurs permet de surmonter la crise ; un luxe que le cyclisme ouest-africain ne peut pas encore se permettre.

Dans le monde

Au niveau mondial, les annulations d’étapes décidées par les commissaires de course sont de plus en plus fréquentes sous le coup du Protocole Extrême Météo (glissements de terrain, tempêtes), comme sur le Giro en Italie. Mais il y a une différence fondamentale entre subir les éléments naturels et devoir annuler par manque d’anticipation ou de sécurisation des voies. Dans le second cas, l’UCI qualifie cela de défaillance structurelle de l’organisateur.

Le constat est amer : Le cyclisme togolais ne manque ni de talents, ni de volonté politique, mais la rigueur opérationnelle fait cruellement défaut. Si le Togo veut jouer dans la cour des grands, chaque kilomètre de route doit être un sanctuaire pour les coureurs. La suite de ce Tour 2026 devra être irréprochable pour effacer ce premier faux pas.

Tony DEE.

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