Le rêve américain prend des airs de forteresse financière. Pour la Coupe du monde 2026 (11 juin – 19 juillet), les supporters de cinquante nations, dont cinq pays africains qualifiés, devront verser une caution de visa pouvant atteindre 15 000 dollars. Ce dispositif de contrôle migratoire menace directement la ferveur populaire dans les stades américains.
Un dépôt de garantie obligatoire dès le 2 avril
Baptisé « Visa Bond Pilot Program » (Programme pilote de cautionnement des visas) , ce nouveau règlement entrera en vigueur le 2 avril prochain. Selon les informations de The Athletic, cette mesure impose un dépôt financier aux voyageurs munis de certains passeports, notamment ceux du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de l’Algérie, de la Tunisie et du Cap-Vert. Le montant s’élève à 5 000 dollars pour un enfant et oscille entre 10 000 et 15 000 dollars (environ 12 945 euros/ 8 492 000 frs CFA xof) par adulte. Cette somme est restituée uniquement si le visiteur quitte le territoire à la date prévue.
Délégations : le casse-tête des visas individuels
À ce jour, aucune procédure d’exemption automatique n’existe. Cela signifie que les joueurs, les sélectionneurs et l’ensemble des staffs techniques sont théoriquement soumis à cette caution individuelle. Face à l’urgence, la FIFA multiplie les échanges avec Washington pour obtenir des dérogations via des lettres d’invitation officielles. Si ces négociations pourraient aboutir pour les acteurs du jeu, les familles des sportifs et les fans, eux, restent pour l’heure exclus de tout aménagement.
Un tournoi à deux vitesses ?
L’enjeu sportif est de taille. L’Algérie et le Cap-Vert doivent disputer l’intégralité de leur phase de poules aux États-Unis. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire y joueront deux rencontres cruciales. En érigeant une telle barrière budgétaire, le pays hôte risque de vider leas tribunes de ses supporters les plus passionnés. Si le gouvernement américain défend l’efficacité de ce programme contre l’immigration illégale, il fragilise l’équité et la diversité culturelle qui font l’essence même d’un Mondial de football.
E.V.
Sources : TheAthletic,Ouestfrance
