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Rédigé par 15 h 20 min Bodybuilding, Sport

Bodybuilding/Interview : « On nous voit comme des vauriens… »  Afatchao Charles

Afatchao Charles lutte aussi contre les préjugés qui entourent le bodybuilding en Afrique :
” On nous voit comme des vauriens, des bandits, des chômeurs… Que des étiquettes négatives…”

Dans un Togo dominé par le football, Afatchao Kofi Charles trace un autre chemin. Bodybuilder engagé, il transforme son corps en symbole de rigueur et d’ambition. À travers la catégorie Classic Physique, il redéfinit l’image du sport togolais, loin des projecteurs des terrains de foot.

Portrait d’un athlète qui bouscule les codes et rêve en grand pour son pays.

Une vocation née en famille

Tout commence dans l’intimité du foyer. Très tôt, Afatchao Kofi Charles est fasciné par son grand frère, passionné de musculation.

« Mon grand frère pratiquait ce sport. Je voulais lui ressembler. C’est ce désir d’être costaud comme lui qui m’a lancé. »

L’admiration devient passion. Pour Afatchao, le bodybuilding va bien au-delà de la simple performance physique :

« Le bodybuilding, pour moi, c’est plus que des muscles. C’est une forme d’expression artistique, un langage visuel. C’est un moyen de raconter qui l’on est, sans dire un mot. »

Charles AFATCHAO lors du championnat NAC international

Charles AFATCHAO lors du championnat NAC international

Une rencontre décisive

Le tournant s’opère avec la rencontre d’un bodybuilder togolais installé en Europe. Un mentor, qui l’amène à croire en ses capacités.

« Il m’a encouragé à viser plus haut. Grâce à lui, j’ai compris que ce sport pouvait devenir un vrai chemin d’accomplissement personnel, et même national. »

Ce déclic le pousse à s’engager pleinement dans la Classic Physique, une catégorie qu’il juge plus équilibrée et esthétique :

« C’est une catégorie intermédiaire : ni trop massif, ni trop léger. Un équilibre que je trouve plus beau, plus maîtrisé. Je n’aime pas l’exagération. Cette discipline permet de se sentir star, tout en respectant les proportions. »

Un palmarès en construction

À force de discipline, Afatchao Charles devient triple champion du Togo. Il décroche également des titres internationaux, dont celui de l’Assoukabody Bénin 2024, une compétition de référence en Afrique de l’Ouest.

« J’ai vraiment montré de quoi j’étais capable. La concurrence était rude, mais on s’est démarqué. Là, j’ai prouvé que le Togo pouvait rivaliser avec les meilleurs. »

Qualifié pour un championnat en Allemagne, il est toutefois freiné par des obstacles administratifs :

« Ce n’est que partie remise. Je continue à progresser, pour mieux représenter mon pays. »

AFATCHAO Charles lors du championnat national de Bodybuilding 2024

AFATCHAO Charles lors du championnat national de Bodybuilding 2024

Au-delà du muscle : combattre les clichés

Afatchao Charles lutte aussi contre les préjugés qui entourent le bodybuilding en Afrique :

« On nous voit comme des vauriens, des bandits, des chômeurs… Que des étiquettes négatives. Pourtant, ce sport m’a appris la patience, la discipline, le respect. Ce sont des valeurs essentielles dans la vie. »

Un modèle pour la jeunesse

Conscient de son rôle de modèle, Afatchao s’investit auprès de la nouvelle génération :

« Je veux transmettre la rigueur, la discipline. Ce que j’ai appris dans ce sport me sert au quotidien. Ce n’est pas juste une affaire de muscles. C’est une véritable école de caractère. »

Mais le coût du sport reste élevé. Entre nutrition, équipement et déplacements, les défis sont nombreux. Il lance un appel :

« Nous avons besoin de sponsors, de soutien logistique, de moyens. Ce sport mérite d’être soutenu à la hauteur de ses exigences. »

Pour démocratiser la pratique, il milite pour la reconnaissance officielle d’une structure dédiée : la Fédération Togolaise de Fitness, Bodybuilding et Powerlifting.

Un rêve porté haut

Derrière chaque séance d’entraînement, un objectif anime Afatchao Charles :

« Représenter le Togo dans les plus grandes compétitions internationales. Porter le drapeau haut, laisser une empreinte. C’est ça, mon ambition. »

À ceux qui souhaitent suivre cette voie, il délivre un message simple mais essentiel :

« Le chemin est long, mais les résultats viennent avec la patience. Il faut être régulier, discipliné. C’est ça, le vrai secret. »

Avant de conclure, Charles remercie ceux qui contribuent à valoriser les disciplines oubliées :

« Merci à ceux qui donnent une voix aux athlètes, comme Ahouevi. Grâce à eux, le bodybuilding trouve peu à peu sa place dans le paysage sportif togolais. »

Propos recueillis et retranscrits par E.V.

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