Depuis plusieurs décennies, l’Afrique, et en particulier sa région orientale, règne en maître sur les longues distances. Du Kenya à l’Éthiopie, en passant par l’Ouganda, les champions se succèdent, défiant les chronos et les pronostics. Grâce à un talent naturel, une endurance exceptionnelle et des conditions d’entraînement exigeantes, ces athlètes ont conquis les pistes du monde entier. Mais derrière cette domination, un fléau persistant vient assombrir l’image de cette réussite : le dopage.
Le cas de Benard Kibet Koech : une alerte de plus
La récente suspension provisoire de Benard Kibet Koech, étoile montante de l’athlétisme kényan, a ravivé les inquiétudes ce mercredi 11 juin 2025. Âgé de seulement 25 ans, Koech a brillé sur la scène mondiale : 5ᵉ du 10 000 m aux Jeux Olympiques de Paris 2024, 5ᵉ également aux Championnats du Monde 2023 à Budapest, et détenteur de la meilleure performance mondiale sur 10 miles (44’04’’).
Pourtant, l’Unité d’Intégrité de l’Athlétisme (AIU) a annoncé sa suspension pour usage présumé d’une méthode ou substance interdite, suite à des irrégularités constatées dans son passeport biologique. Cet outil, qui surveille les variations biologiques d’un athlète dans le temps, permet d’identifier les manipulations, même sans test positif.
Koech n’est ni le premier, ni probablement le dernier. L’Afrique dispose d’un vivier d’athlètes exceptionnels, mais ce potentiel ne suffira pas sans des structures de protection et de sensibilisation adaptées pour ces jeunes talents, afin de les éloigner de la tentation du dopage. Il est impératif que les fédérations africaines mettent en place de véritables politiques de prévention, un suivi médical indépendant et une formation à l’éthique sportive dès le plus jeune âge.
L’Afrique peut continuer à faire rêver le monde sur les pistes, mais pour cela, elle doit aussi remporter la course contre le dopage.
E.V.
