Si cette première qualification pour une phase finale de CAN (23/02/2022) a fait des heureux dans le public sportif et particulièrement chez les promoteurs du football féminin au Togo, elle pose néanmoins d’importants questionnements quant à la suite.
“Les filles se sont battues pour dire que c’est le football féminin qui peut aider le Togo, c’est le football féminin qui va faire que le Togo va
sourire encore un peu”, dixit Zougbor Kokou Anoumou alias Apoto, président de Winners Kadjabla.
Joie et satisfaction chez les promoteurs du foot féminin
Il ne fait aucun doute que cette performance réjouit ceux qui ont usé énergie, ressources financières, santé, temps sur les terrains pour détecter, former les jeunes filles, les accompagner pour leur permettre de garder espoir et de croire en elles. Ceux-là, ce sont les hommes et les femmes de terrain, ainsi que beaucoup d’anonymes, trop souvent oubliés.
Et puis, il y a les dirigeants de clubs qui ont œuvré à promouvoir et à investir dans les clubs féminins, en dépit des moyens limités dont ils disposent. On peut citer sans hésiter Aminti Valentin, Josée Bamok, Koumana Ernest, et les autres …. A ces dirigeants on associera Rock Balakiyem Gnassingbé ancien président de la Fédération Togolaise de Football dont les initiatives et actions en faveur du football féminin sont encore dans les mémoires.
Qualification dédiée aux disparus
Ce premier laurier du football féminin longtemps décrié, il peut également être attribué à des acteurs qui sont malheureusement aujourd’hui décédés.

Amouklou Amé Lilah
Comme on aurait aimé voir la joie des Gblonkpor Dzoboku, Attisso Kokou alias Poto Poto, coach Klouppy, da Yovo qui se sont battus pour la cause du football féminin pratiquement toute leur vie. Disparus à qui nous associerons également les anciennes joueuses Tsoto Pépé (Aléna),
Dekoi Essé. S’il est vrai que les morts ne sont pas morts, c’est sûr qu’ils ont été fiers des héroïnes de Libreville.
Passée l’euphorie, éviter un retour violent à la réalité
En effet, il faut certes célébrer le succès. Mais le plus important c’est de capitaliser. A quoi aura –t-il servi, si le Togo est ridicule au Maroc ? Comment envisager faire bonne figure avec des joueuses sans compétition, ni matches de préparation ? Le staff sera-t-il toujours autant motivé sans accompagnement et une relation contractuelle formalisée avec l’employeur ? A quelques jours de la célébration du 8 mars, il serait judicieux de mettre en place un véritable cadre organisationnel pour les Eperviers Dames (primes, charte comportementale, etc…) à l’instar de celui des Eperviers Hommes. A défaut, le retour à la réalité sera violent ! Vous avez dit égalité genre ?
Agbo Love
