Le lundi 2 mars 2026, dans la grande salle de conférence du stade Kegué, une nouvelle page du football togolais s’est peut-être officiellement ouverte. À 72 ans, le technicien français Patrice Neveu a paraphé un contrat de trois ans pour prendre les rênes de la sélection nationale du Togo.
Si le nouveau sélectionneur du Togo n’est plus à présenter sur le continent, les contours de sa mission et le timing de sa nomination suscitent autant d’interrogations que d’espoirs.
La première interrogation réside dans le contrat de trois ans. Dans un environnement où la patience est une denrée rare et où les sélectionneurs peinent souvent à terminer une seule campagne, engager un technicien de plus de 70 ans sur un cycle aussi long interpelle sur la stratégie de renouvellement générationnel.
Entre ambition et scepticisme
En effet, le devoir de mémoire nous demande de prendre en compte le dernier passage de Patrice Neveu au Gabon, conclu par une non-qualification pour la CAN 2023. Pour les observateurs les plus critiques, son profil de « vieux routier » pourrait rimer avec manque d’innovation tactique face à une nouvelle vague de coachs africains plus modernes.

Patrice Neveu paraphant son contrat.
Et, sortir le Togo de sa léthargie après quatre absences consécutives à la CAN est une mission titanesque, loin d’être une sinécure. Le public craint que les promesses de « rigueur » et de « fin de l’improvisation » ne soient que des éléments de langage déjà entendus sous les ères précédentes.
Puis, pourra-t-il réellement aller au-delà des effets d’annonce en intégrant des talents locaux dans la sélection fanion, lorsque l’on sait (i) que le championnat national est souvent critiqué pour son manque de compétitivité, même s’il compte y apporter sa touche personnelle ; (ii) qu’aucun de ses prédécesseurs n’a vraiment réussi à faire prendre la mayonnaise entre expatriés et joueurs du cru ?
Des motifs d’espérer néanmoins ?

Patrice Neveu, le nouveau sélectionneur des Eperviers.
En dépit de ce scepticisme ambiant, plusieurs signaux suggèrent que l’arrivée de Patrice Neveu pourrait être l’électrochoc dont les Éperviers ont besoin. Avec, lui c’est :
- La culture du résultat immédiat :Contrairement à des techniciens en apprentissage, il connaît parfaitement les arcanes du football ouest-africain. Il n’aura pas besoin de six mois pour comprendre pourquoi un déplacement à l’extérieur est périlleux ou comment gérer les egos d’un vestiaire. Sa capacité à qualifier des sélections dites « moyennes » (comme la Mauritanie par le passé) est le meilleur atout de son CV.
- Le retour de l’autorité : Le sélectionneur a affiché une détermination sans faille dès sa présentation : « Il n’y aura pas de place pour l’improvisation ». Il martèle aussi que seuls les joueurs performants seront sélectionnés. Cette fermeté pourrait être le remède à l’indiscipline et au manque de cohésion qui ont parfois miné la sélection ces dernières années.
- La stabilité retrouvée : En signant pour trois ans, la FTF envoie un message de continuité. Si Neveu parvient à stabiliser une colonne vertébrale dès les premiers matchs, le Togo pourrait enfin sortir de l’instabilité chronique qui l’empêche de bâtir un projet de jeu cohérent.
Certes, le Togo ne cherche pas seulement un entraîneur, mais aussi un architecte capable de reconstruire une fierté nationale piétinée. Patrice Neveu a désormais les clés de la maison Épervier. Si son âge et son parcours récent nourrissent le débat, sa connaissance du terrain reste un atout indéniable. Le peuple togolais, lui, attend désormais de voir si la « méthode Neveu » saura transformer le potentiel des joueurs en victoires concrètes.
Tony DEE.

Belle analyse, mais, est ce que le football togolais a vraiment besoin d’un technicien pour un résultat immédiat
À mon avis, non. Il nous faut construire sur le long terme (difficile à fixer) avec un technicien qui vous apportera la gestion de toute la structure footballistique, voir surtout notre FTF
Par les temps qui courent, en misant sur le long terme, l’heure n’était- elle pas venue pour la mise en orbite d’un technicien local, même évoluant à l’étranger quelque soit le niveau du championnat dans lequel il évolue.
C’est juste un point de vue