La République Démocratique du Congo n’a jamais été aussi proche de son rêve. Cinquante-deux ans après l’épopée du Zaïre, les Léopards sont à une marche d’un exploit historique. Le 31 mars prochain, ils affronteront le vainqueur du duel Jamaïque vs Nouvelle-Calédonie pour décrocher leur ticket pour la Coupe du Monde 2026. Cependant, cet enthousiasme est assombri par une réalité budgétaire inquiétante: l’usage irresponsable de pointeurs laser en tribunes.
Le coût disproportionné d’une distraction
Le contraste est saisissant. Un pointeur laser, gadget trouvé pour environ 10 $, vient de coûter 5 000 francs suisses (environ 5 500 $) à la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA). Cette amende fait suite aux incidents du barrage contre le Nigeria le 16 novembre 2025. Si les Léopards l’ont emporté aux tirs au but (4-3), le comportement de certains supporters a laissé une facture salée.
Pour la FIFA, cet accessoire est une « tricherie technologique ». Un faisceau peut éblouir un gardien ou déconcentrer un tireur, menaçant directement l’esprit du fair-play.
Un manque à gagner pour le football national
Au-delà de l’amende, c’est le gaspillage des ressources qui interpelle. Ces milliers de dollars auraient pu servir à moderniser les infrastructures, financer la formation des jeunes talents ou soutenir le football féminin. L’argent est au contraire utilisé pour éponger les conséquences d’un incivisme évitable.
Vers un supportérisme responsable
Le 31 mars 2026, l’enjeu sera immense. Les coéquipiers de Chancel Mbemba auront besoin d’une ferveur exemplaire. Être supporter, c’est porter son équipe par des chants et des tifos, non par des moyens illicites. Le chemin vers le Mondial passe autant par le talent des joueurs que par la maturité du public.
Précédents et rigueur de la FIFA
La sévérité de l’instance internationale ne s’arrête pas à la RDC. À titre de rappel, la FIFA a également infligé une amende de 1 000 francs suisses (environ 1 270 dollars) à la Fédération Nigériane de Football. La fédération a été sanctionnée pour n’avoir pas su assurer « l’ordre et la sécurité », notamment suite à des « jets d’objets » par des spectateurs. Ces incidents constituent une infraction directe aux articles 17 et 17.2.b du Code disciplinaire de la FIFA, rappelant que chaque débordement, quel qu’il soit, est désormais systématiquement puni.
E.V
Crédit photo : D.R
