Autorisation de la HAAC No 0025/HAAC/12-2020/pl/P

Rédigé par 18 h 29 min Environnement

Environnement / Togo : Les agents forestiers en alerte 24h/24

« Si une information nous parvient qu’une exploitation se fait à 22 h ou à 23 h, nos actions de contrôle ne sont pas procrastinées. On ne peut pas attendre le lendemain… », affirme-t-il.

Pour contourner la loi, des exploitants illégaux activent leurs tronçonneuses au cœur de la nuit dans les forêts togolaises. Face à ce pillage silencieux, les agents du ministère de l’Environnement intensifient leur surveillance nocturne pour protéger un patrimoine naturel en péril.

Une surveillance sans répit contre les coupes clandestines

Dans plusieurs régions du Togo, le silence de la nuit est régulièrement brisé par le vrombissement des tronçonneuses à 22 h ou 4 h du matin. Ces horaires ne doivent rien au hasard ; ils visent à échapper à la vigilance des autorités. Pourtant, pour les agents du ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, la surveillance ne connaît pas de trêve.

Le colonel Bleza Mangola, directeur régional dans la Maritime, est formel : la réactivité est l’arme principale contre la déforestation.

« Si une information nous parvient qu’une exploitation se fait à 22 h ou à 23 h, nos actions de contrôle ne sont pas procrastinées. On ne peut pas attendre le lendemain… », affirme-t-il. Selon lui, chaque minute d’hésitation peut entraîner la perte de dizaines, voire de centaines d’arbres.

Le cadre légal face à la ruse des exploitants

La législation togolaise est pourtant claire : même les titulaires d’un permis en règle ne sont autorisés à couper du bois qu’entre 6 h et 17 h. Tout abattage en dehors de ce créneau est considéré comme une infraction. En intervenant à minuit ou à 2 h du matin, les forestiers envoient un signal fort aux contrevenants qui pensent profiter de l’obscurité pour agir impunément.

L’objectif de ces descentes musclées est avant tout de limiter les dégâts environnementaux. En intervenant immédiatement, les autorités parviennent à stopper le massacre dès les premiers troncs, évitant ainsi des coupes rases sur de vastes surfaces.

Vers une gestion participative des forêts

Si la répression est nécessaire, le Togo mise également sur la prévention. Anthe Komi, juriste environnementaliste et directeur de l’inspection des ressources forestières, précise :

« Il y a beaucoup de difficultés, mais le ministère ne fait pas seulement un contrôle curatif. »

Inspirée des principes de la Conférence de Rio, cette approche associe désormais les communautés locales à la protection de leur environnement. L’enjeu est de taille. Depuis les années 1970, le couvert forestier du pays a drastiquement diminué. Cette dégradation a des conséquences visibles sur la biodiversité, à l’image des éléphants qui ne traversent plus les routes de la Kéran.

En sensibilisant les populations, l’État espère restaurer durablement ses ressources naturelles.

E.V.

Source : EPLUSMEDIA

Visited 9 times, 1 visit(s) today
error: Content is protected !!