Autorisation de la HAAC No 0025/HAAC/12-2020/pl/P

Rédigé par 7 h 45 min Para sport

Para athlétisme : Lawson Teyi Dieudonné, le para athlète aux multiples talents

Certains parcours ne font pas de bruit, mais portent en eux une puissance singulière. Celui de Lawson Teyi Dieudonné, para athlète togolais de la catégorie T47, appartient à ces histoires où la persévérance forge l’identité et où chaque effort raconte un combat.

Né à Lomé, Lawson Teyi Dieudonné a tôt appris à transformer les contraintes du quotidien en moteur de progression. Aujourd’hui, il mène une vie active et diversifiée : élevage et dressage de chiens de race, informatique et investissements numériques. Cette polyvalence reflète une volonté claire : multiplier les horizons pour ne jamais dépendre d’un seul.

Pourtant, au cœur de cet agenda chargé, une constante demeure : le sport. « Le sport, c’est ce qui me définit. C’est plus fort que moi », confie-t-il.

2019 : Le rendez-vous du destin

Tout bascule en 2019, presque par hasard. Venu proposer ses services informatiques à un entraîneur, Lawson ne se doutait pas que cette rencontre redéfinirait sa trajectoire.

« Je pensais venir pour une simple aide, mais j’ai trouvé une direction de vie », raconte-t-il. Détectant son potentiel physique, l’entraîneur lui ouvre les portes du para sport. L’athlète s’engage alors pleinement dans l’athlétisme adapté.

Un athlète pluridisciplinaire en construction

Avant de se spécialiser, Lawson explore un large spectre : sprint (200m), sauts (longueur, hauteur), lancers (javelot), tennis de table, badminton et même football pour amputés. Cette approche multidisciplinaire lui a permis de bâtir une base physique solide.

« Chaque discipline m’apporte quelque chose. Rien n’est inutile dans mon parcours », affirme-t-il.

Finalement, c’est le saut en hauteur qui s’impose naturellement comme son espace d’expression privilégié, mêlant concentration technique et force mentale.

L’expérience internationale : Konya 2022

En 2022, il franchit un cap majeur lors des Jeux de la Solidarité Islamique à Konya, en Turquie. Cette première expérience internationale agit comme un déclic.

« Représenter mon pays à l’étranger a changé ma perception du sport. J’ai compris que le travail devait être encore plus intense pour rivaliser avec les meilleurs. »

Un palmarès national malgré l’adversité

En dépit de moyens limités, Lawson a construit une certaine régularité avec un palmarès de 12 médailles nationales :

– Tennis de table : 5 médailles (1 or, 1 argent, 3 bronze)

– Saut en hauteur : 4 médailles (3 argent, 1 bronze)

– Saut en longueur : 2 médailles (1 argent, 1 bronze)

– 200 mètres : 1 médaille de bronze

Ce succès s’inscrit pourtant dans un contexte difficile : manque de financement, insuffisance d’équipements et absence d’encadrement structuré. À cela s’ajoutent des blessures à la cheville qu’il a dû gérer seul. « Même blessé, j’ai continué. Abandonner n’a jamais été une option. »

Ambition : Le sommet paralympique

Inspiré par des légendes comme Usain Bolt ou Mutaz Barshim, Lawson Teyi Dieudonné garde les yeux fixés sur l’avenir. Lucidité face au retard structurel du para sport au Togo, mais optimisme inébranlable : « Avec le travail et le soutien, le Togo peut devenir une grande nation du para sport. »

Son objectif ultime est désormais clair : atteindre les Jeux Paralympiques. « Mon rêve est de devenir champion paralympique et de représenter dignement mon pays. Je sais que mes efforts finiront par payer. »

Un message à la jeunesse

Au-delà de la performance, Lawson se veut un modèle pour les jeunes en situation de handicap : « Il ne faut jamais abandonner. La réussite ne vient pas seule. Elle vient avec le travail, la discipline et la persévérance. »

Son histoire n’est pas celle d’un aboutissement, mais celle d’une construction continue.

Propos recueillis et retranscrits par E.V.

Visited 39 times, 1 visit(s) today
error: Content is protected !!