Alors que dans plusieurs pays africains et européens, les championnats féminins 2024-2025 sont déjà terminés et que la nouvelle saison est lancée, au Togo, elle ne s’achève que le 8 février 2026.
La formule des play-offs, instaurée depuis quelques saisons (post-Covid) comme pour objectif de rendre la compétition plus attractive et d’élever son niveau, connaît une mise en œuvre quelque peu chaotique. Les retards récurrents, le manque de préparation des équipes et les difficultés financières persistantes constituent un véritable casse-tête pour la régularité du championnat et freinent l’évolution du football féminin togolais, creusant ainsi un écart inquiétant avec les standards régionaux et continentaux.
La saison 2024-2025 enfin terminée, quand la saison 2025-2026 pourra-t-elle débuter pour assurer une continuité nécessaire à la préparation du Togo aux échéances continentales ?
Un démarrage tardif
Après le sacre d’ASKO Féminine lors de la saison 2023-2024 et sa qualification pour représenter le Togo sur la scène continentale, le championnat 2024-2025 a connu plusieurs reports. Le coup d’envoi n’a été donné que le 27 juillet 2025, avec quatorze équipes réparties en deux poules de sept.
Dans la Poule A, on retrouvait AS OTR, US Amou, Entente II, AC Barracuda, Athleta FC, AHE FC et Winner Girls, tandis que la Poule B regroupait ASKO Féminine, Koroki Métètè, Foadan FC, Unisport FC, AS Tambo, Doumbé FC et Semassi FC.
- Dans la Poule A, AS OTR et US Amou se sont rapidement affirmées comme les équipes dominantes.
- Dans la Poule B, ASKO Féminine a survolé la compétition, terminant largement en tête, devant Koroki Métètè.
La phase régulière s’est étalée jusqu’au 19 novembre 2025, révélant des écarts de performance importants et une préparation des équipes souvent incomplète, en grande partie à cause des interruptions fréquentes et du manque d’entraînements.
Une attente prolongée avant les playoffs
Une fois la phase régulière bouclée, un nouveau temps mort s’est installé. Pendant près de deux mois, les clubs sont restés dans l’incertitude, certains allant jusqu’à libérer leurs joueuses faute d’entraînements et de visibilité sur la suite de la compétition.
Le 9 janvier 2026, la FTF publie finalement le classement officiel, validant les équipes qualifiées pour les playoffs.
- Poule A : AS OTR (25 points) et US Amou (22 points) ont décroché leur billet.
- Poule B : ASKO Féminine, largement en tête avec 34 points, et Koroki Métètè (26 points) se sont imposées sans surprise.
Une finale attendue… et à sens unique
Les demi-finales ont opposé AS OTR, US Amou, ASKO et Koroki Métètè. À l’issue de cette phase, ASKO Féminine et AS OTR se qualifient pour la finale disputée le dimanche 8 février 2026 à Atakpamé.
Une finale à sens unique gagnée largement par ASKO 5 buts à 0. En plus du trophée, le club de la Kozah empoche une prime de 5 millions de FCFA et des médailles en or. Le finaliste malheureux se contente de la médaille d’argent et d’une enveloppe de 3 millions de FCFA.
Amenyo Adzo Rebecca, entraîneur d’AS OTR pointe du doigt les interruptions à répétition et le manque de financement pour les clubs féminins qui ont un impact direct sur la compétitivité des clubs et la condition physique des joueuses.
« Une légère progression, mais normalement, on attendait plus que ça Franchement, les pauses que nous mettons à la fin de nos championnats nous coûtent beaucoup. Ça fait que nos joueuses ne sont pas vraiment en jambe. »
Et d’ajouter : « Il n’y a pas d’argent, il n’y a pas de subvention pour les clubs. Ils souffrent énormément. Nous invitons également la fédération à nous aider, à regarder côté filles aussi. »
ASKO Féminine : un modèle de régularité
Malgré les contraintes, certaines équipes parviennent à tirer leur épingle du jeu. ASKO Féminine, victorieuse de la finale contre AS OTR le 8 février 2026 à Atakpamé (5-0), est l’exemple de la réussite grâce à une préparation structurée et un encadrement stable.
Son entraîneur, Bakai Aboubakr Sadik, reste néanmoins lucide : « Le niveau du championnat est acceptable. Il faut vraiment que la fédération voie qu’on a commencé cette saison 2024-2025 et que nous la finissons en février 2026. Quand est-ce que nous allons commencer le championnat 2025-2026 ? Pour pouvoir nous apprêter et aller représenter le Togo sur le plan continental. »
La FTF se justifie
Face aux critiques, la cheffe du département football féminin à la FTF, Yvette Klussey, reconnaît un parcours difficile et met en avant les efforts consentis par l’ensemble des acteurs malgré les contraintes financières, morales et organisationnelles. Quant aux longs délais observées entre les phases, elles les explique par le temps mis par les commissions compétentes pour statuer sur les litiges.
« En fait, cette pause est justifiée parce qu’il y a des tests et un règlement qui régit cette compétition. Ce que nous constatons souvent est que certaines équipes ont attendu le dernier moment pour émettre des réserves ou faire des évocations, ce qui a créé beaucoup de litiges. Il fallait que les commissions prennent le temps de traiter tous ces contentieux. À chaque saison, nous nous efforçons de réduire au maximum ce temps, mais à l’impossible, nul n’est tenu. On fera en sorte que cela ne se répète pas. », a-t-elle déclaré.
Avec la mise en place de la Ligue de Football Professionnelle du Togo, qui intégrera pleinement les clubs féminins, des changements sont attendus. Cette réforme devrait permettre une meilleure structuration du championnat féminin, la création d’une D2 féminine, et à terme une amélioration des conditions sportives et financières des clubs.
Avec la Ligue professionnelle et la D2 féminine, des améliorations sont attendues, mais la vraie question reste : quand la saison 2025-2026 débutera-t-elle enfin ?
E.V.
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